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Société

Pourquoi la majorité des rues n'ont-elles pas de nom au Japon?

Slate FR · mis à jour il y a 17 j

[L'Explication #292] Vous partez bientôt au Japon? Voici un petit guide pour ne pas paniquer quand vous chercherez votre chemin sur place..

Adresses à l'envers

Au Japon, les adresses ne suivent pas le système occidental qui commence par le numéro de rue, puis le nom de la voie et enfin la ville. Ici, on part du plus général au plus précis : d'abord le code postal (ex. 150-0002), puis la ville (Tokyo), l'arrondissement (Shibuya-ku), le secteur (2-Chome), le bloc (24) et enfin le bâtiment (12). Cette méthode, appelée système de blocs, permet de localiser un lieu sans dépendre d'un nom de rue. Par exemple, l'adresse 150-0002 Tokyo-to, Shibuya-ku, Shibuya 2-Chome, 24-12 correspond à un lieu précis dans le quartier de Shibuya, à Tokyo. Ce système a été introduit en 1962 pour moderniser l'urbanisme japonais, mais il reste très différent des pratiques occidentales.

Numéros de bâtiments

Les numéros des bâtiments au Japon ne suivent pas une logique séquentielle comme en France. Ils sont attribués en fonction de l'ordre de construction ou de l'ordre d'attribution des permis, ce qui peut donner des séquences illogiques. Par exemple, il n'est pas rare de trouver le numéro 1 à côté du 9 ou le 3 près du 18. Cette méthode, bien que déroutante pour les étrangers, est une tradition historique qui persiste encore aujourd'hui. Elle reflète une approche pragmatique de l'urbanisme, où l'ordre de construction prime sur la logique numérique.

Origines historiques

Le système d'adresses japonais remonte à l'époque féodale (XIIe siècle), où les habitants se repéraient grâce à des points de référence visuels comme les marchés, les temples ou les architectures emblématiques. Ce n'est qu'en 1962 qu'une loi a imposé le système actuel de blocs et de numérotation. Avant cette modernisation, les rues n'avaient tout simplement pas de noms, et les adresses étaient décrites en fonction de leur proximité avec ces repères. Cette tradition historique explique pourquoi les noms de rues restent rares dans de nombreuses villes japonaises, même aujourd'hui.

Variations régionales

Le système d'adresses japonais n'est pas uniforme dans tout le pays. À Tokyo, le système de blocs domine, tandis qu'à Kyoto, les grandes avenues et intersections servent de repères principaux. À Sapporo, une ville plus quadrillée, le système se rapproche du modèle occidental avec des noms de rues. Cette diversité reflète les différences culturelles et historiques entre les régions. Par exemple, Kyoto, ancienne capitale impériale, conserve des traditions urbaines distinctes de celles de Tokyo, une ville plus moderne et industrialisée.

Ce que ça pourrait changer

Le Japon n'est pas le seul pays où les rues n'ont pas de nom. En Algérie, par exemple, les habitants se repèrent grâce à des monuments, des cafés ou des mosquées. Au Cambodge, les pagodes bouddhistes servent souvent de points de référence. Même en France, certaines petites communes utilisent des lieux-dits ou des noms de fermes pour désigner les adresses. Une loi de 2022 a cependant renforcé l'obligation de numérotation et de dénomination des rues en France, mettant fin à des pratiques comme la *ferme du vieux Michel*. À Paris, certaines voies non nommées, comme des bretelles du périphérique, sont désignées par des codes provisoires (ex. A/1 ou BZ/12).

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