Une prestation de serment sans mention du roi pour les députés du Parti libéral du Québec
« Le PLQ est de retour », mais « la reconstruction n'est pas terminée », prévient Charles Milliard..
Le Parti libéral du Québec (PLQ) a retrouvé 40 sièges à l'Assemblée nationale lors des dernières élections, soit plus du double de ses 18 députés précédents. Charles Milliard, nouveau chef de l'opposition officielle, a qualifié cette progression de première étape vers la reconstruction du parti après des années difficiles. Il a souligné que le PLQ, bien que de retour, reste loin d'avoir regagné la confiance de tous les Québécois, notamment dans les régions et chez les francophones. Le résultat du 5 octobre 2023 est présenté comme une avancée, mais pas comme une fin en soi. Jean Charest, ancien premier ministre libéral, a soutenu cette analyse en insistant sur la nécessité de reconquérir des territoires où le parti a échoué.
Pour la première fois, les députés libéraux du Québec ont prêté serment en n'allégeant qu'au peuple québécois, et non au roi Charles III, comme c'était traditionnellement le cas. Cette modification fait suite à une loi adoptée fin 2022, qui a aboli l'obligation de mentionner la monarchie lors de la prestation de serment. Madwa-Nika Cadet, whip en chef de l'opposition, a expliqué que cette allégeance exclusive au peuple reflétait l'identité fédéraliste et non monarchiste du parti. Charles Milliard a confirmé que cette décision était unanime au sein du caucus libéral. Le PLQ est ainsi le premier parti à appliquer cette nouvelle règle depuis son entrée en vigueur.
Parmi les 40 députés libéraux assermentés, 17 ont prêté serment en français et en anglais, bien que le français soit la seule langue officielle du Québec. Charles Milliard a justifié cette pratique par une tradition remontant à 1867, où des députés anglophones pouvaient s'exprimer dans leur langue. Marc Tanguay, député de LaFontaine, a décrit ce geste comme un acte de respect et un moyen de rassembler, évitant les divisions. Antoine Dionne Charest, lui, a choisi le français uniquement, car c'est la langue dans laquelle il est le plus à l'aise, tout en réaffirmant l'engagement du PLQ à représenter tous les Québécois, y compris la communauté anglophone. Ces choix reflètent une volonté de concilier traditions et inclusivité.
Charles Milliard a annoncé que le PLQ collaborerait avec le Parti québécois (PQ), dirigé par Paul St-Pierre Plamondon, tout en défendant ses valeurs libérales sans compromis. Il a précisé que le parti s'opposerait fermement à un troisième référendum sur la souveraineté du Québec, ainsi qu'à certaines mesures en immigration et en économie. Milliard a insisté sur le fait que les libéraux ne *marchanderaient* pas leurs convictions, malgré la nécessité de travailler avec d'autres formations politiques. Cette position vise à maintenir l'identité du parti tout en participant activement aux débats parlementaires dans un contexte de gouvernement minoritaire.

