Des milliards de simulations de collision : Mistral s’associe au CERN pour créer un modèle d’IA de pointe pour la physique des particules
Le CERN et Mistral AI ont signé ce jeudi 15 octobre 2026 une déclaration d'intention pour créer un « grand modèle de physique », entraîné sur des milliards de collisions simulées au LHC. Aucun budget ni calendrier n'a été communiqué..
Le CERN, laboratoire européen de physique des particules situé près de Genève en Suisse, et Mistral AI, une startup française d'intelligence artificielle fondée en 2023, ont signé une déclaration d'intention le 15 octobre 2026 pour collaborer à la création d'un modèle d'IA dédié à la physique des particules. Ce projet vise à développer un « grand modèle de physique » de fondation, entraîné sur des milliards de collisions simulées issues des données du Grand collisionneur de hadrons (LHC). L'objectif est de remplacer une partie des algorithmes actuels utilisés pour analyser les collisions de particules. Aucun budget ni calendrier précis n'a été communiqué pour ce partenariat.
Le LHC, ou Grand collisionneur de hadrons, est l'accélérateur de particules le plus puissant au monde. Il permet de provoquer des collisions entre des particules à des énergies extrêmement élevées pour étudier les constituants fondamentaux de la matière. Le CERN dispose d'un volume de données colossal, estimé à près d'un exaoctet, soit un million de téraoctets. Ces données proviennent des expériences menées au LHC, qui est actuellement en maintenance pour quatre ans afin d'être amélioré. Pendant cette période, le nombre de collisions devrait être multiplié par dix avec la version améliorée du LHC, appelée LHC à haute luminosité, prévue pour 2030.
Le modèle d'IA développé dans le cadre de ce partenariat porte le nom de Flare, un terme qui évoque une éruption ou un jaillissement, en référence aux collisions de particules. Ce modèle aura quatre missions principales : reconstituer les collisions à partir des signaux des détecteurs, identifier les particules produites lors de ces collisions, repérer des signaux inattendus qui pourraient indiquer de nouvelles découvertes, et aider à concevoir les futurs détecteurs de particules. Aujourd'hui, l'analyse des collisions repose sur une chaîne d'algorithmes spécialisés, mais le modèle Flare devrait permettre de simplifier et d'accélérer ce processus en traitant directement une partie de ces données.
Ce partenariat s'inscrit dans une tendance plus large où les entreprises d'IA se tournent vers des domaines scientifiques pour tester et développer leurs technologies. Par exemple, Google a évoqué le rôle de son modèle *Gemini 4 Argon* dans des domaines comme l'informatique quantique ou la biologie, tandis qu'OpenAI a élargi l'accès à son modèle *GPT-Rosalind* pour la recherche académique. Pour Enrica Porcari, responsable du système d'information du CERN, la physique des hautes énergies offre un environnement idéal pour tester l'IA avec une rigueur extrême. Mistral AI, reconnue comme l'un des leaders européens de l'IA, a récemment lancé son modèle *Mistral Large 4*, ce qui en fait un partenaire adapté pour ce projet ambitieux.

