Crise du logement en Espagne : Madrid ravive l’esprit des indignés après l’expulsion de Maricarmen
Des milliers de personnes ont manifesté dans la capitale espagnole, samedi 26 septembre, pour protester contre les effets de la crise du logement, symbolisée en Espagne par la récente expulsion d’une octogénaire. Certaines ont même campé toute la nuit en plein cœur de Madrid, rapporte “El País”..
Le 23 septembre 2026, Maricarmen, une octogénaire de 87 ans, a été expulsée de son appartement à Madrid par un fonds vautour. Ce terme désigne des fonds d'investissement spécialisés dans l'achat de logements à bas prix, souvent lors de crises, pour les revendre ou les louer à des prix élevés. L'expulsion de Maricarmen, qui vivait dans son logement depuis des décennies, est devenue le symbole de la crise du logement en Espagne. Son histoire a suscité une vague d'indignation, rappelant les mobilisations populaires contre les inégalités sociales. Maricarmen incarne ainsi les victimes d'un marché immobilier devenu inaccessible pour une grande partie de la population madrilène.
Le 26 septembre 2026, environ 25 000 personnes ont manifesté à Madrid, notamment sur la Puerta del Sol, une place centrale de la ville. Ce rassemblement a réuni des jeunes, des familles, des retraités et des militants, tous unis par leur colère face à la flambée des loyers et à l'absence de solutions politiques. Certains manifestants ont campé toute la nuit sur la place, une action rappelant le mouvement des indignés (15-M), né en 2011 pour protester contre les conséquences de la crise financière de 2008. Cette mobilisation montre que le mécontentement social persiste et s'amplifie, notamment dans les grandes villes espagnoles.
L'Espagne fait face à une crise du logement marquée par un déséquilibre entre l'offre et la demande, ce qui a fait exploser les prix des loyers et de l'immobilier. À Madrid, cette situation est particulièrement critique : les loyers sont devenus exorbitants pour une grande partie de la population, poussant des milliers de personnes à manifester. Les causes de cette crise incluent la spéculation immobilière, la pénurie de logements abordables et l'arrivée massive de fonds d'investissement étrangers. Selon El País, le marché est désormais inaccessible pour une partie importante des Espagnols, notamment les jeunes et les retraités comme Maricarmen.
Les manifestants ont exprimé plusieurs revendications lors de la mobilisation du 26 septembre. Certains ont brandi des clés de logement pour symboliser leur incapacité à se loger, tandis que d'autres ont appelé à okupar (squatter) des logements vides, une pratique légale en Espagne sous certaines conditions. Les protestataires ont également exigé des mesures urgentes pour limiter les expulsions, comme celle subie par Maricarmen, et pour faciliter la construction de logements sociaux. Ces demandes visent à faire pression sur le gouvernement espagnol, dirigé par le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, afin qu'il agisse rapidement pour résoudre la crise.
Face à cette mobilisation, le gouvernement de Pedro Sánchez, qui ne dispose pas d'une majorité stable au Parlement, a annoncé des mesures pour tenter de calmer la colère sociale. Parmi ces propositions figurent la limitation des expulsions, similaires à celle de Maricarmen, et la simplification des démarches administratives pour accélérer la construction de nouveaux logements. Cependant, El País souligne que ces mesures restent insuffisantes pour résoudre la crise du logement en Espagne. Le gouvernement est donc sommé d'agir davantage pour répondre aux attentes de la population, sous peine de voir la colère sociale s'amplifier.
Le gouvernement espagnol, dirigé par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de Pedro Sánchez, est actuellement en difficulté politique. Il ne bénéficie pas d'une majorité stable au Parlement, ce qui limite sa capacité à faire adopter des lois ambitieuses. Dans ce contexte, la crise du logement devient un enjeu politique majeur, car elle cristallise les frustrations d'une partie de la population. Les manifestations récentes montrent que les Espagnols attendent des solutions concrètes, et non seulement des promesses. Cette situation rappelle celle de 2011, lorsque le mouvement des *indignés* avait émergé pour dénoncer les inégalités sociales et l'absence de réponse politique à la crise financière.

