Les faibles précipitations continuent de gruger la rentabilité d’Hydro-Québec
Le bénéfice net d’Hydro-Québec a reculé de 23 % au deuxième trimestre..
Hydro-Québec, la société d’État québécoise responsable de la production et de la distribution d’électricité, a enregistré un bénéfice net de 170 millions de dollars au deuxième trimestre de 2026. Ce montant représente une diminution de 51 millions de dollars, soit une baisse de 23 %, par rapport à la même période en 2025. Cette réduction s’inscrit dans un contexte de faibles précipitations qui ont affecté la production hydroélectrique, principale source d’énergie de la province. Le chef des finances d’Hydro-Québec, Maxime Aucoin, a souligné que la gestion prudente des réservoirs, en raison de la faible hydraulicité (terme désignant le débit d’eau disponible pour produire de l’électricité), a limité les ventes d’électricité à court terme sur les marchés hors Québec. Cette situation a directement impacté les revenus de l’entreprise.
Les trois dernières années de faible pluviométrie ont exercé une pression majeure sur les réservoirs d’Hydro-Québec, dont le niveau est actuellement très bas. Par exemple, le plus grand réservoir de la société, le Caniapiscau, était aux trois quarts vide au moment de l’article. Cette pénurie d’eau force Hydro-Québec à puiser davantage dans ses stocks énergétiques pour répondre à la demande locale, au détriment des ventes à l’exportation. La société doit donc importer de l’électricité pour combler le déficit, ce qui alourdit ses coûts. Entre avril et juin 2026, Hydro-Québec a importé pour 1,05 milliard de dollars d’électricité, tandis que ses exportations se sont élevées à seulement 421 millions de dollars. Cette balance commerciale négative illustre l’ampleur des difficultés rencontrées.
Hydro-Québec fait face à une augmentation des coûts liés à sa dette, qui s’élève à 732 millions de dollars pour le deuxième trimestre de 2026, contre 687 millions de dollars à la même période en 2025. Cette hausse s’explique par la nécessité de financer un plan d’investissements massif, estimé à 1,87 milliard de dollars pour ce trimestre (légèrement en baisse par rapport aux 1,89 milliard de dollars de 2025). Ces investissements visent à augmenter la production d’électricité, améliorer la fiabilité du réseau et promouvoir des mesures d’efficacité énergétique. Cependant, le coût croissant de la dette réduit la marge de manœuvre financière de l’entreprise, déjà fragilisée par la baisse de ses revenus.
Malgré les défis, les ventes totales d’Hydro-Québec ont atteint 4,04 milliards de dollars au deuxième trimestre de 2026, en hausse par rapport aux 3,72 milliards de dollars enregistrés à la même période en 2025. Cette augmentation s’explique par la hausse des tarifs d’électricité au Québec, qui compense partiellement la baisse des volumes vendus. Cependant, cette progression des revenus ne suffit pas à contrebalancer les pertes liées à la réduction des exportations et à l’augmentation des coûts. Hydro-Québec reste donc sous pression pour maintenir sa rentabilité, dans un contexte où la production hydroélectrique est limitée par le manque de pluie.
La publication des résultats financiers d’Hydro-Québec intervient dans un contexte électoral au Québec, ce qui a conduit la société d’État à limiter ses communications publiques. Maxime Aucoin, chef des finances, n’a pas participé à la conférence de presse habituelle pour présenter les résultats, en raison du *devoir de réserve* imposé aux entreprises publiques pendant les périodes électorales. Cette situation a pu restreindre la transparence autour des défis rencontrés par Hydro-Québec, notamment la gestion des réservoirs et les stratégies pour faire face à la sécheresse prolongée.

