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Généraliste

Ces candidats qui se mesurent aux chefs de partis

ICI Radio-Canada · mis à jour 7 sept.

L'histoire prouve que rien n'est joué d'avance lors d'une élection..

Candidats face aux chefs

Lors des campagnes électorales au Québec, les chefs de parti bénéficient d’une visibilité médiatique bien supérieure à celle des autres candidats. Pourtant, certains candidats osent se mesurer à eux, malgré les apparences d’un combat inégal. Leur stratégie repose souvent sur une présence accrue sur le terrain et une connaissance approfondie des enjeux locaux. L’histoire politique québécoise montre que ces défis ne sont pas toujours perdus d’avance : en 1985, Jean-Guy Parent (PQ) a battu le premier ministre libéral Robert Bourassa, et en 2012, Serge Cardin (PQ) a vaincu Jean Charest dans Sherbrooke après quatre mandats. Ces exemples illustrent que la notoriété d’un chef ne garantit pas sa réélection, surtout si les électeurs privilégient les enjeux locaux ou une alternative politique.

Jonathan Couturier

Jonathan Couturier, candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ) dans la circonscription de Trois-Rivières, a décidé de se présenter malgré l’annonce de la première ministre sortante, Christine Fréchette (libérale), qu’elle y briguait aussi le siège. Couturier, qui n’est pas motivé par le pouvoir ou le salaire, mise sur la promotion des idées conservatrices et des enjeux locaux comme la sécurité publique et les infrastructures industrielles du port de Trois-Rivières. Son objectif est de faire connaître le programme de son parti, qu’il présente comme un changement de paradigme à long terme. Il se dit prêt à débattre directement avec la première ministre, voyant dans cette confrontation une occasion de défendre ses convictions.

René Gauvreau

René Gauvreau, candidat de Québec solidaire dans la circonscription de Camille-Laurin, affronte le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon. Ancien député péquiste, Gauvreau met en avant son ancrage local et ses priorités comme l’itinérance, la crise du logement et le dossier de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Contrairement à une vision conflictuelle de la campagne, il insiste sur une approche centrée sur les citoyens plutôt que sur les partis. Gauvreau, qui se présente comme un candidat « avec le cœur », invite les électeurs à voter pour eux-mêmes et non pour les chefs, soulignant que son engagement est guidé par les besoins concrets de sa circonscription.

Jocelyn Caron

Jocelyn Caron, candidat du Parti québécois dans Orford (Estrie), se mesure au chef libéral Charles Milliard. Caron, connu pour son rôle dans la rédaction du Livre bleu (le programme du PQ pour l’indépendance du Québec), mise sur la faiblesse perçue du Parti libéral et sur une opportunité pour son parti. Il souligne que les chefs de parti, occupés par des obligations nationales, peinent à consacrer du temps aux enjeux locaux. Caron, décrit comme un « battant » par son parti, espère profiter de cette dynamique pour remporter la circonscription, en s’appuyant sur des dossiers comme la qualité de l’eau et les services gouvernementaux.

Éric Duhaime vs Stéphanie Lachance

Dans la circonscription de Bellechasse, le chef conservateur Éric Duhaime affronte la députée caquiste sortante, Stéphanie Lachance, qui y représente les citoyens depuis huit ans. Lachance, experte des enjeux ruraux, critique l’arrivée de Duhaime, un candidat issu d’un milieu urbain (Montréal/Laval), qu’elle accuse de méconnaître la réalité locale. Elle met en avant son expérience et son ancrage sur le terrain, tout en soulignant que les chefs de parti, souvent débordés par leurs responsabilités nationales, peinent à servir efficacement une circonscription. Pour Lachance, la proximité avec les électeurs est un atout majeur face à un adversaire perçu comme éloigné des réalités rurales.

Thierno Diallo

Thierno Diallo, candidat libéral dans Mercier, affronte la co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, qui y est députée depuis 2018. Diallo souligne que Ghazal, en tant que cheffe de parti, sera davantage occupée par des responsabilités nationales, tandis que lui pourra se consacrer pleinement aux enjeux de Mercier. Il critique le bilan de seize ans de représentation solidaire dans la circonscription, évoquant des problèmes persistants comme la crise du logement, le coût de la vie, l’accès aux services de garde et l’itinérance. Pour Diallo, l’enjeu est de redonner une voix aux citoyens de Mercier, qu’il estime ignorés par le gouvernement sortant.

Ce que ça pourrait changer

Caroline Simard, candidate conservatrice dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré, a déjà marqué l’histoire en battant Pauline Marois (PQ), première ministre sortante, en 2014 sous la bannière libérale. Elle devient ainsi la première femme à remporter une élection contre une première ministre en exercice au Québec. Simard attribue sa victoire à sa présence constante sur le terrain dans une circonscription vaste de plus de 11 000 km², une tâche difficile pour une cheffe de parti occupée à l’échelle nationale. Elle conseille aux candidats affrontant un chef de ne pas se laisser intimider et de miser sur leur proximité avec les électeurs. Pour Simard, l’objectif n’est pas de s’opposer à un adversaire, mais de représenter les citoyens de sa circonscription.

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