«Unabomber»: portrait du terroriste en jeune homme
Jacob Tremblay incarne un Theodore Kaczynski étudiant dans ce thriller historique raconté en deux temps..
Entre 1978 et 1995, Theodore Kaczynski, surnommé Unabomber, a envoyé des bombes dissimulées dans des colis aux États-Unis, causant trois morts et 23 blessés. Cette affaire a marqué l'histoire du FBI, car son arrestation en 1996 a mis fin à la plus longue traque terroriste de l'agence. Le film Unabomber explore deux périodes : d'une part, la jeunesse de Kaczynski dans les années 1960, et d'autre part, les derniers mois de son arrestation dans les années 1990. Le terroriste, mathématicien de génie, a été admis à l'université Harvard à seulement 17 ans, où il a étudié les mathématiques avant de s'intéresser à la philosophie et à la psychologie.
Le film alterne entre deux époques pour raconter l'histoire de Kaczynski. La première partie, située dans les années 1960, montre son parcours académique et son immersion dans un programme universitaire controversé dirigé par le professeur Henry Murray, interprété par Russell Crowe. Ce programme, financé par la CIA selon une hypothèse largement admise mais jamais confirmée, aurait influencé le développement de sa personnalité. La seconde partie, dans les années 1990, suit l'enquête du FBI pour traquer le terroriste. Cependant, la narration est critiquée pour son manque de fluidité, avec des transitions temporelles jugées mécaniques et peu organiques.
L'un des atouts majeurs du film réside dans les performances des acteurs. Jacob Tremblay incarne le jeune Kaczynski avec une maturité vocale et gestuelle qui reflète son immaturité, une décision de jeu saluée par la critique. Russell Crowe joue le rôle du professeur Henry Murray, dont les expérimentations psychologiques sur les étudiants, dont Kaczynski, sont aujourd'hui considérées comme non éthiques. Shailene Woodley interprète un personnage inspiré du profileur et linguiste légal James R. Fitzgerald, mais son rôle est traité de manière peu subtile, avec une représentation stéréotypée des femmes dans un environnement masculin dominé par des collègues sceptiques.
Malgré son potentiel, le film déçoit sur plusieurs aspects. Le scénario, écrit par Sam Chalsen et Nelson Greaves, ne développe pas suffisamment l'hypothèse selon laquelle le FBI aurait en partie créé le terroriste via les expérimentations passées. Cette idée, pourtant prometteuse, reste en surface sans approfondir les conséquences psychologiques ou morales. De plus, les séquences de l'enquête dans les années 1990 sont jugées clichées, notamment avec la représentation caricaturale d'un collègue agent interprété par Alexander Ludwig. Le personnage de Shailene Woodley, bien que central, souffre d'un manque de crédibilité en raison de son traitement trop stéréotypé.
Le film bénéficie d'une direction photo soignée, assurée par Yves Bélanger, un vétéran québécois connu pour son travail sur des productions comme Laurence Anyways ou Dallas Buyers Club. La lumière, particulièrement évocatrice lors des scènes universitaires des années 1960, renforce l'atmosphère du film. Cependant, la réalisation de Janus Metz Pedersen est qualifiée de banale, en accord avec la structure narrative peu fluide du film. Tourné à Montréal et ses environs, le film mise sur une esthétique visuelle pour compenser les faiblesses scénaristiques.
Avec une durée de 100 minutes et une sortie prévue en 2026, *Unabomber* est un thriller historique disponible sur Netflix en versions originale et française. Malgré ses qualités techniques et ses interprétations solides, le film est globalement décevant. Il obtient une note de deux étoiles sur cinq, reflétant un potentiel gaspillé et une narration qui peine à captiver. Le résultat final est jugé inégal, avec des séquences passées et présentes qui ne parviennent pas à s'équilibrer harmonieusement.

