NapseflowNapseflow
Tech

Les lunettes intelligentes commencent à se faire bannir : New York devient le premier état à limiter l’usage des Ray-Ban Meta

Presse-Citron · mis à jour il y a 25 j

Alors que les Ray-Ban Meta cartonnent, une vague de méfiance inédite s'abat sur les lunettes connectées, désormais totalement bannies des tribunaux de l'État de New York. Voici pourquoi le vent est brutalement en train de tourner pour l'appareil phare de Mark Zuckerberg..

New York interdit lunettes connectées

À partir du 20 juillet 2026, l’État de New York interdira totalement les lunettes intelligentes, comme les Ray-Ban Meta, dans ses 1 240 tribunaux. Cette mesure vise à empêcher les enregistrements clandestins d’audiences, une pratique illégale dans cet État. Les lunettes connectées, qui peuvent filmer ou photographier discrètement grâce à une caméra intégrée, représentent un risque pour la confidentialité des jurés, des témoins et des procédures judiciaires. Même les personnes portant des verres correcteurs connectés devront les retirer à l’entrée des tribunaux. Cette décision s’inscrit dans un contexte où la discrétion de ces appareils rend difficile le contrôle des enregistrements, contrairement aux smartphones ou caméras visibles.

Incident en Californie

En février 2026, un incident aux États-Unis a accéléré la méfiance envers les lunettes connectées. Lors d’un procès en Californie sur l’addiction aux réseaux sociaux, les avocats de Meta (l’entreprise derrière les Ray-Ban Meta) ont été critiqués par un juge pour avoir porté ces lunettes dans la salle d’audience. Cette situation a soulevé des questions sur la possibilité d’identifier les membres du jury ou de capturer des informations sensibles sans leur consentement. Cet épisode a renforcé les craintes d’un usage détourné de la technologie dans des lieux publics ou privés.

Risques d’enregistrements secrets

Les Ray-Ban Meta permettent d’activer la caméra d’un simple clic sur la branche, sans alerter visiblement les personnes autour. Bien que le produit intègre une LED blanche clignotante pour signaler un enregistrement en cours, cette sécurité est facilement contournable. Des utilisateurs masquent la LED avec des adhésifs ou suppriment physiquement le circuit lumineux, créant un marché noir en ligne pour ces modifications. Pour limiter ces abus, Meta a déployé une mise à jour logicielle en juillet 2026 : si la LED est obstruée ou endommagée, la caméra est automatiquement bloquée. L’entreprise a également commencé à supprimer les comptes proposant ces modifications illégales sur sa plateforme Marketplace.

Crise de confiance généralisée

La défiance envers les lunettes connectées dépasse le cadre judiciaire. Des révélations récentes ont alimenté les craintes pour la vie privée. L’Electronic Frontier Foundation (EFF), une organisation de défense des droits numériques, a découvert que Meta avait intégré un outil de reconnaissance faciale nommé NameTag dans ses lunettes. Cet outil peut identifier des inconnus dans la rue, posant des questions sur la surveillance de masse. Par ailleurs, des fuites ont révélé que Meta teste un système appelé Super Sensing, capable d’enregistrer en continu l’environnement pour alimenter une intelligence artificielle. Une action collective en justice a aussi révélé que des sous-traitants humains visionnent des séquences intimes envoyées aux serveurs de Meta, incluant des scènes de nudité ou des codes bancaires.

Ce que ça pourrait changer

Face à ces controverses, plusieurs acteurs prennent des mesures radicales. La compagnie de croisières *Royal Caribbean* a banni les lunettes connectées de ses zones sensibles, tandis que l’État de l’Illinois étudie une loi pour les interdire au volant. *Meta*, de son côté, a réagi en bloquant la caméra des *Ray-Ban Meta* si la LED de capture est masquée ou endommagée, et en luttant contre les modifications illégales de ses produits. Ces actions montrent que la crise de confiance envers cette technologie s’étend bien au-delà des tribunaux, touchant des secteurs comme le tourisme, les transports et la vie quotidienne.

Sujets complémentaires