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À l’«Alcatraz des alligators», des migrants dans des cages de la taille d’une cabine téléphonique

Le Devoir · mis à jour il y a 6 j

Le recours à ces petites cellules grillagées est sans précédent, indique le département de l’Intérieur..

Un centre controversé

Un centre de rétention pour migrants surnommé l«Alcatraz des alligators» a fonctionné pendant un an en Floride, entre juillet 2025 et juin 2026. Ce nom fait référence à la fois à la faune locale, les alligators, et à la célèbre prison d’Alcatraz, symbole de détention sévère. Le centre était installé sur un aérodrome abandonné au cœur des Everglades, une région marécageuse du sud de la Floride. Donald Trump, alors président des États-Unis, s’y est rendu juste avant son ouverture à l’été 2025, qualifiant l’endroit de « beaucoup de flics sous forme d’alligators » lors d’une visite. Ce centre a été fermé après seulement un an d’activité, mais une enquête interne révèle aujourd’hui des pratiques jugées sans précédent aux États-Unis.

Des cellules minuscules

L’enquête du département de l’Intérieur (DHS), menée par son Inspection générale, a révélé que 79 migrants ont été enfermés temporairement dans des cellules grillagées de très petite taille, comparables à des cabines téléphoniques. Ces cellules mesuraient environ 1,67 m² au sol, soit 1,30 m de côté pour 2,40 m de haut. Les migrants y étaient placés pour des durées allant de quelques minutes à près de deux heures. Le personnel du centre justifiait cette pratique en la présentant comme des « espaces de calme », destinés à aider les détenus à se détendre. Cependant, l’enquête souligne que ces cellules n’étaient pas conformes aux normes de dignité humaine et présentaient des risques significatifs pour la santé et le bien-être des personnes détenues.

Des manquements graves

L’enquête interne a identifié plusieurs manquements majeurs dans ce centre. Parmi eux, des dortoirs surpeuplés, un manque de soins médicaux adaptés, et des conditions d’hygiène déplorables. Les cellules grillagées, bien que non verrouillées en permanence, étaient équipées de mécanismes de verrouillage, ce qui contredit leur description comme des espaces de « calme » sans contrainte. L’Inspection générale du DHS a conclu que le recours à ces cellules était « sans précédent » parmi les centres de rétention inspectés par ses services. Ces conditions ont été jugées contraires au respect de la dignité humaine, un principe fondamental dans la gestion des lieux de détention.

Un rapport accablant

Le rapport de l’Inspection générale du DHS, daté du 13 septembre 2026, est sans appel : les pratiques observées à l«Alcatraz des alligators» ne respectent pas les normes en vigueur aux États-Unis. L’enquête, menée lors d’une visite inopinée le 21 janvier 2026, a permis de documenter des conditions de détention jugées inacceptables. Les enquêteurs ont souligné que l’enfermement dans des espaces aussi restreints, même pour de courtes durées, pouvait avoir des conséquences graves sur la santé mentale et physique des migrants. Ce rapport intervient après des témoignages de migrants recueillis par l’Agence France-Presse (AFP), décrivant des conditions de rétention épouvantables dans ce centre.

Ce que ça pourrait changer

La création et la fermeture rapide de ce centre s’inscrivent dans un contexte politique tendu aux États-Unis, marqué par des débats intenses sur la gestion de l’immigration. Donald Trump, dont l’administration a supervisé la mise en place du centre, a souvent adopté une ligne dure sur ce sujet. Le surnom *« Alcatraz des alligators »* reflète cette approche, mêlant symboles de répression (Alcatraz) et référence à l’environnement local (les alligators des Everglades). La fermeture du centre après seulement un an d’activité pourrait être liée à la pression médiatique et aux critiques formulées à l’encontre de ses conditions de détention, jugées indignes.

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