« Nous ne pouvons plus dépendre des autres » : la France investit 1 milliard de plus dans le quantique
La France annonce un investissement supplémentaire d’1 milliard d'euros de plus dans le quantique pour ne pas se laisser distancer par les États-Unis et la Chine. C'est une bataille de souveraineté technologique qui se joue, et l'Europe ne compte pas la perdre..
La France a annoncé un investissement supplémentaire d’1 milliard d’euros dans l’informatique quantique, s’ajoutant aux 2,3 milliards déjà engagés depuis 2021. Cette décision a été officialisée par Emmanuel Macron lors d’une visite à Bruyères-le-Châtel, dans l’Essonne, le 22 mai 2026. L’objectif est de renforcer la position française et européenne face à la concurrence des États-Unis et de la Chine. Parallèlement, 550 millions d’euros supplémentaires ont été alloués aux semi-conducteurs dans le cadre d’un programme européen. Le président a souligné que la vitesse des compétiteurs internationaux imposait à la France de « changer d’échelle » dans ses investissements pour éviter un retard technologique stratégique.
L’informatique quantique repose sur une technologie révolutionnaire basée sur les qubits (quantum bits), contrairement aux ordinateurs classiques qui utilisent des bits. Un bit ne peut prendre que deux valeurs, 0 ou 1, tandis qu’un qubit peut exister dans plusieurs états simultanément grâce à un phénomène appelé superposition. Cette propriété permet aux ordinateurs quantiques de traiter des volumes colossaux de données à une vitesse inégalée. Par exemple, ils pourraient accélérer la découverte de nouveaux médicaments, optimiser les matériaux ou encore renforcer les systèmes de cryptographie qui protègent nos communications et données sensibles. La France mise sur des startups comme Alice & Bob, Pasqal et C12 pour développer cette technologie.
Les États-Unis et la Chine investissent massivement dans l’informatique quantique pour en tirer un avantage stratégique. Le 22 mai 2026, le département du Commerce américain a annoncé plus de 2 milliards de dollars d’injections publiques dans des entreprises privées du secteur. Face à cette concurrence, la France et l’Europe cherchent à réduire leur dépendance technologique. Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de créer un écosystème quantique européen « conçu, construit et opéré par des entreprises européennes », afin d’éviter toute dépendance aux législations étrangères, notamment celles des États-Unis. L’enjeu est à la fois technologique et politique : sécuriser l’autonomie stratégique de l’Europe.
La France dispose déjà de plusieurs startups innovantes dans le domaine quantique. Alice & Bob, soutenue par NVIDIA, développe des qubits dits « de chat », une approche originale pour stabiliser les calculs. Pasqal, cofondée par le prix Nobel de physique Alain Aspect, mise sur les atomes neutres et prépare une double introduction en Bourse, au Nasdaq et à Euronext Paris. C12, quant à elle, travaille sur des qubits à base de nanotubes de carbone, promettant une meilleure stabilité et performance. Ces entreprises illustrent la diversité des approches françaises pour industrialiser l’informatique quantique et réduire la dépendance aux technologies étrangères.
Emmanuel Macron a mis en avant l’importance de la souveraineté technologique pour l’Europe. Selon lui, les dépendances technologiques deviennent des dépendances industrielles et stratégiques majeures. La France et l’Europe doivent donc investir davantage et réformer leur politique de concurrence pour favoriser l’émergence de champions continentaux. L’objectif est de construire un écosystème quantique indépendant, capable de rivaliser avec les États-Unis et la Chine. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte plus large de réduction des dépendances aux fournisseurs d’IA et de cloud américains, tout en évitant les contraintes légales extraterritoriales imposées par des législations étrangères.

