J'ai lu l'autobiographie de Jean-Pierre Mader et j'ai pris une leçon d'humilité
En 2023, l'interprète de «Macumba» se livrait à un bilan mesuré et clairvoyant, fruit d'un état d'esprit dont beaucoup feraient bien de s'inspirer..
L’article présente la lecture de l’autobiographie de Jean-Pierre Mader, chanteur français connu pour son tube Macumba sorti en 1985. Contrairement aux attentes de l’auteur, qui s’attendait à une autobiographie d’une star éphémère de la variété française, le livre se révèle être une œuvre humble et réfléchie. Le titre On connaît ma chanson reflète cette humilité, puisque seul Macumba est resté dans les mémoires, malgré les 2,5 millions d’exemplaires vendus pour les quatre singles de l’album Microclimats en 1985. L’auteur souligne que Mader aborde des sujets politiques dans ses chansons, comme la disparition de Marie-Anne Erize sous la dictature argentine dans Disparue, un titre moins connu mais marquant.
L’article clarifie l’origine du titre Macumba, souvent associé à des discothèques des années 1980. Jean-Pierre Mader précise que ce n’est pas le nom d’une boîte de nuit, mais le surnom d’une naufragée clandestine. Cette précision est importante car elle situe Mader dans le paysage de la variété française, où il se distingue par des textes engagés plutôt que par des thèmes simplistes. Didier Varrod, directeur musical de Radio France, lève cette ambiguïté dès la préface du livre. L’article mentionne également que 23 discothèques en France portaient le nom Macumba, la dernière ayant fermé en 2025.
L’autobiographie de Jean-Pierre Mader est structurée en chapitres courts, de trois à cinq pages, ce qui la rend accessible et dynamique. Chaque chapitre fonctionne comme une chronique ou un instantané de sa vie, évitant les digressions inutiles. Cette construction reflète la personnalité de Mader, qui aborde sa carrière sans orgueil excessif. Contrairement à d’autres autobiographies où l’auteur se met en avant, Mader partage ses expériences avec générosité et sans chercher à tirer la couverture à lui. Cette approche est décrite comme rare dans le contexte des autobiographies de stars.
Jean-Pierre Mader évoque son succès avec une humilité remarquable. Bien que ses chansons Macumba, Disparue, Un pied devant l’autre et Jalousie se soient vendues à 2,5 millions d’exemplaires, il ne s’étend pas sur sa gloire passée. Il mentionne simplement la création de ses tubes, comme Macumba, composée d’abord sur une basse, et le fait que 40 versions étrangères de ce titre aient été réalisées. Mader décrit également son émotion lors de l’enregistrement de Né quelque part de Maxime Le Forestier, montrant son admiration pour d’autres artistes. Cette partie du livre, intitulée Le succès, ne dépasse pas 25 pages, tandis que la suivante, L’ombre, en compte 45, illustrant son recul sur sa carrière.
Après le succès des années 1980, Jean-Pierre Mader a ressenti le besoin de se réinventer professionnellement. Son dernier album en tant qu’interprète solo date de 1993. Il devient alors réalisateur et producteur, collaborant avec des artistes comme Ute Lemper, Philippe Léotard, Bernard Lavilliers ou Zebda. Mader explique que cette transition lui a permis de continuer à évoluer dans le milieu musical sans se focaliser sur une carrière solo en déclin. Il évoque également sa vie de couple, soulignant l’absence de jalousie et le respect des espaces personnels, une approche qui contraste avec les clichés sur les stars.
Dans les années 2000, Jean-Pierre Mader a connu une période difficile où sa carrière semblait terminée. Cependant, il a trouvé une nouvelle opportunité en rejoignant la tournée Stars 80, qui rassemble des artistes des années 1980. Mader décrit cette aventure avec humour et recul, mentionnant les canulars subis pendant la tournée, comme des appels aux hôtels pour annoncer qu’il était malade et incontinent. Malgré des difficultés vocales initiales, il a su se réadapter avec l’aide d’une orthophoniste de Toulouse. Il considère cette expérience comme une chance et une leçon d’humilité, devenant plus tolérant et empathique envers les autres.
Jean-Pierre Mader conclut son autobiographie en résumant sa carrière par une phrase simple : *« Les gens à la mode passent de mode »*. Il explique que ses chansons, d’abord démodées, sont devenues des *bangers* (tubes intemporels) avec le temps. Mader attribue sa carrière à *« une petite guitare, un stylo, un bout de papier, un peu de talent et surtout beaucoup de chance »*. Le livre se termine sur une note positive, décrivant Mader comme une personne plus cool, tolérante et empathique, ayant appris de ses échecs. L’article souligne que cette autobiographie, bien que modeste, offre une leçon de vie et de recul sur la célébrité.

