Des militants ukrainiens exigent qu’Ottawa sanctionne Alex Ovechkin
L’attaquant vedette des Capitals est apparu dans une publicité pro-Poutine..
En 2026, le Congrès des Ukrainiens canadiens (CUC), une organisation représentant la diaspora ukrainienne au Canada, demande au gouvernement fédéral canadien de sanctionner et d’interdire l’entrée sur le territoire d’Alex Ovechkin, capitaine des Washington Capitals, une équipe de hockey sur glace. Cette demande fait suite à la participation d’Ovechkin à une publicité télévisée aux côtés de Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères. Dans cette publicité, Lavrov promettait « aucune pitié » envers ceux qui attaqueraient la Russie. Le CUC accuse Ovechkin de soutenir le régime du président russe Vladimir Poutine, qui a envahi l’Ukraine en 2022 après avoir déjà annexé la Crimée en 2014. Le CUC qualifie le parti de Poutine, Russie unie, de « parti de criminels de guerre » en raison des accusations portées contre lui, notamment l’enlèvement d’enfants ukrainiens et l’assassinat de civils.
Le ministre canadien de la Justice, Sean Fraser, a réagi à cette demande en soulignant l’importance de questions comme « l’intégrité territoriale, la souveraineté des nations et l’autodétermination ». Il a précisé que la décision d’imposer des sanctions ou une interdiction d’entrée à Ovechkin ne relevait pas de lui, mais du Conseil des ministres, plus précisément d’Affaires mondiales Canada pour les sanctions et du ministère de l’Immigration pour les interdictions. D’autres ministres, comme Steven MacKinnon (Transports) et Evan Solomon (Intelligence artificielle et Innovation numérique), ont refusé de se prononcer sur le sujet, évitant de mêler sport et politique. Fraser a également critiqué ceux qui, selon lui, ferment les yeux sur les actions du régime de Poutine en Ukraine.
Alex Ovechkin, joueur de hockey russe né en 1985 et considéré comme l’un des meilleurs de sa génération, a défendu sa participation à la publicité en affirmant qu’il soutenait simplement son pays. Il a déclaré : « Je suis russe et je soutiens mon pays. Je suis pour la paix et l’amour, et j’espère que, partout dans le monde, peu importe qui vous êtes, tout le monde comprendra que chacun souhaite la paix. » Ovechkin avait déjà exprimé son soutien à Vladimir Poutine en 2017 en lançant le mouvement social « l’équipe Poutine ». En 2022, après l’invasion de l’Ukraine, il avait appelé à « plus jamais de guerre », tout en affirmant ne pas faire de politique et en qualifiant Poutine de « son président ». Malgré ces déclarations, certains pays, comme la Lettonie, membre de l’OTAN, l’ont inscrit sur une liste de personae non gratae en 2026, lui interdisant l’entrée sur son territoire.
La situation d’Ovechkin illustre les tensions entre sport, politique et diplomatie. Certains joueurs de hockey d’Europe centrale et de l’Est, ainsi que des militants ukrainiens, critiquent son manque de condamnation claire de la guerre en Ukraine. Ses défenseurs, en revanche, soulignent les risques qu’il encourrait en critiquant publiquement Poutine, notamment en Russie où il prévoit de s’installer avec sa famille. Ovechkin a réaffirmé son attachement à la Russie, déclarant : « Ma patrie, c’est la Russie. Washington est ma deuxième patrie. » Cette affaire met en lumière les dilemmes moraux auxquels sont confrontés les athlètes originaires de pays impliqués dans des conflits géopolitiques.

