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Géopolitique

Lâchée par Washington, l’Ukraine annonce reprendre les frappes sur les raffineries russes : “c’est fini”

Courrier International · mis à jour il y a 22 j

Après l’accord conclu entre les États-Unis et la Russie sur le gazole, Washington aurait cessé de fournir des renseignements à Kiev sur les tirs de missiles balistiques russes, tandis que le géant des télécommunications Starlink aurait, un temps, limité ses prestations pour l’armée ukrainienne. Les médias du pays expriment leur colère, tandis que le président Zelensky annonce mettre fin au cessez-le-feu énergétique demandé par Trump..

Ukraine lève interdiction

Le 14 octobre 2026, lors d’une rencontre à Londres avec le Premier ministre britannique Andy Burnham, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé la levée de l’interdiction pour l’Ukraine de frapper les raffineries russes. Cette décision marque un tournant dans la stratégie militaire ukrainienne, symbolisé par la phrase « c’est fini » prononcée par Zelensky dans une interview accordée au Financial Times. Une raffinerie est une installation industrielle qui transforme le pétrole brut en produits raffinés comme l’essence ou le diesel. Jusqu’à présent, l’Ukraine s’était abstenue de cibler ces infrastructures pour éviter une escalade du conflit ou des représailles majeures. Cette levée de restriction intervient après des tensions croissantes entre Kiev et Washington, notamment sur la gestion du soutien militaire et technologique américain.

Rejet du cessez-le-feu énergétique

En annonçant cette mesure, Volodymyr Zelensky a également fermé la porte à un cessez-le-feu énergétique demandé par les États-Unis. Un cessez-le-feu énergétique désigne un accord visant à suspendre les attaques sur les infrastructures liées à la production ou au transport d’énergie, comme les raffineries ou les oléoducs, afin de limiter les impacts économiques sur les pays impliqués. Selon Vadym Denyssenko, analyste et militant cité par le journal Espresso, cette décision reflète un choix stratégique de l’Ukraine : plutôt que d’accepter un « simulacre de traité » imposé par Washington, Kiev a opté pour une confrontation directe avec l’administration du président américain Donald Trump. Cette analyse souligne une divergence d’intérêts entre les deux alliés, où l’Ukraine privilégie désormais une approche plus agressive.

Accord pétrolier controversé

L’origine de ce changement de position ukrainienne réside dans un accord conclu entre les États-Unis et la Russie concernant la livraison de barils de pétrole russe. Cet accord, dénoncé par Kiev, a été perçu comme une trahison par les autorités ukrainiennes, qui y voient une tentative de Washington de normaliser les relations économiques avec Moscou malgré le conflit en cours. Les barils de pétrole désignent des unités de mesure standardisées pour le pétrole, équivalant à environ 159 litres. Cet accord a exacerbé les tensions entre les deux pays, l’Ukraine estimant que les États-Unis sacrifient ses intérêts stratégiques pour des gains économiques à court terme.

Restrictions américaines critiquées

Outre l’accord pétrolier, l’Ukraine accuse Washington de deux autres mesures restrictives. D’une part, les autorités ukrainiennes dénoncent une réduction des renseignements militaires fournis par les États-Unis concernant les frappes russes. Les renseignements militaires désignent ici les informations stratégiques (positions ennemies, mouvements de troupes, etc.) transmises par un pays allié pour aider à la planification des opérations militaires. D’autre part, Kiev critique la restriction de l’accès aux services de Starlink sur son territoire. Starlink est un service d’accès à internet par satellite développé par l’entreprise SpaceX, d’Elon Musk, qui permet une connexion haut débit même dans des zones reculées ou en cas de destruction des infrastructures terrestres. Ces restrictions ont été interprétées comme un désengagement progressif des États-Unis dans le soutien à l’Ukraine.

Ce que ça pourrait changer

Face à ces restrictions, des voix ukrainiennes, comme celle du blogueur Oleksandr Karpiouk engagé volontairement dans l’armée, soulignent les risques d’une dépendance excessive à une seule technologie ou entreprise. Karpiouk déclare : « Il ne fallait pas mettre tous nos œufs dans le même panier, celui d’Elon Musk. » Cette expression illustre la vulnérabilité d’une stratégie reposant sur un seul acteur, ici Starlink, dont les services ont été partiellement restreints par les États-Unis. Le terme *Starlinkisation* de la défense ukrainienne fait référence à cette dépendance critique à une solution technologique externe, jugée désormais risquée. Kiev cherche désormais à diversifier ses sources de soutien technologique pour réduire cette vulnérabilité.

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