À deux jours d’une possible grève, les cols bleus lancent un dernier appel à Martinez Ferrada
Le débrayage surviendrait en même temps que les Championnats du monde de cyclisme sur route UCI..
À Montréal, les quelque 6000 cols bleus (travailleurs municipaux chargés de l’entretien des infrastructures, de la voirie ou des parcs) menacent de faire grève dès mardi 6h, à moins de 48 heures de l’échéance fixée. Leur syndicat, le Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal (SCFP 301), a organisé une manifestation samedi devant l’hôtel de ville pour alerter la mairesse Soraya Martinez Ferrada. Le débrayage coïnciderait avec les Championnats du monde de cyclisme sur route UCI (20 au 27 septembre), un événement international médiatisé. Les cols bleus espèrent encore éviter la grève en obtenant une entente de principe sur leurs revendications salariales, jugées insuffisantes par le syndicat. Leur président, Nicolas De Ciccio, a souligné que la proposition municipale risquait d’"appauvrir" les travailleurs face à l’inflation et au coût de la vie. La Ville de Montréal, de son côté, évoque des difficultés budgétaires pour justifier sa marge de manœuvre limitée.
Le principal point de discorde concerne les augmentations de salaire. Le syndicat des cols bleus estime que l’offre actuelle de la Ville de Montréal ne compense pas l’inflation, réduisant ainsi le pouvoir d’achat de ses membres. Selon Nicolas De Ciccio, les 6000 cols bleus de Montréal voient leur convention collective (accord fixant les conditions de travail) expirée depuis le 31 décembre 2024. La Ville, qui génère des revenus de plusieurs milliards de dollars par an, est critiquée pour ne pas prioriser les dépenses liées à ses employés internes, comme la réparation et l’entretien des infrastructures. Le syndicat dénonce aussi le recours à des entreprises privées pour des contrats comme le resurfaçage de l’asphalte en prévision des championnats, un choix perçu comme un manque de respect envers les travailleurs municipaux et les contribuables.
La grève, prévue du 23 au 28 septembre, s’étalerait sur sept jours et pourrait perturber certains services municipaux, bien que les services essentiels (comme la collecte des déchets ou les interventions d’urgence) soient maintenus. Les organisateurs assurent que les parcours cyclistes ne seront pas affectés, mais des perturbations pourraient toucher d’autres activités parallèles au championnat. Nicolas De Ciccio a précisé que les cols bleus entendaient profiter de la visibilité médiatique de l’événement pour faire entendre leurs revendications. Leur objectif est d’être "impossible à ignorer". Des négociations supplémentaires sont prévues dimanche, avec une lueur d’espoir : De Ciccio évoque des "mouvements" du côté de l’employeur, mais sans détails concrets pour éviter de "négocier sur la place publique".
Le conflit ne concerne pas uniquement les cols bleus. Éliane Scofield Lamarche, présidente du *Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal (SCFP 429)*, dont la convention collective est échue depuis le 31 décembre 2025, a rejoint la mobilisation. Ce syndicat représente des fonctionnaires municipaux et partage les mêmes revendications de respect et d’équité salariale. Scofield Lamarche a indiqué que son syndicat disposait de "tous les outils pour négocier de bonne foi", mais n’exclut pas une grève si les discussions n’aboutissent pas. Elle a souligné que l’objectif restait une entente négociée à la table, tout en laissant planer la menace d’un débrayage futur. Les deux syndicats avaient déjà mené des grèves en février et avril 2025, illustrant la tension persistante entre les employés municipaux et la Ville de Montréal.

