À Gaza, l’effondrement d’un immeuble endommagé par la guerre provoque une “catastrophe humanitaire”
Un bâtiment de six étages de la ville de Gaza, fragilisé par des bombardements israéliens et abritant des familles de déplacés, s’est effondré sur ses occupants dans la nuit du 15 au 16 septembre. Le bilan provisoire de 16 morts risque de s’alourdir : une centaine de personnes pourraient se trouver sous les décombres..
Dans la nuit du 15 au 16 septembre 2026, un immeuble de six étages nommé Al-Saada s’est effondré dans la ville de Gaza, causant la mort d’au moins 16 personnes et faisant 25 blessés. Situé dans une ancienne zone industrielle du sud-ouest de la ville, ce bâtiment abritait des familles de déplacés, c’est-à-dire des personnes ayant fui leur domicile en raison de la guerre. Les secours craignent que jusqu’à 100 autres personnes soient encore ensevelies sous les décombres. Selon des témoins et les autorités locales, l’immeuble avait été fragilisé par des frappes israéliennes répétées au cours des trois dernières années, mais des familles s’y étaient installées faute de logements disponibles, malgré les avertissements des autorités.
L’effondrement de l’immeuble Al-Saada s’inscrit dans le cadre d’un conflit qui dure depuis le 7 octobre 2023 entre Israël et le Hamas, groupe armé palestinien contrôlant la bande de Gaza. Ce conflit a déjà causé la mort de plus de 73 000 Palestiniens et blessé 174 000 autres, selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, considéré comme fiable par l’ONU. La guerre a entraîné la destruction massive des infrastructures, avec environ 2 000 immeubles endommagés encore habités, selon les autorités locales. Les frappes israéliennes ont visé à plusieurs reprises des bâtiments résidentiels, malgré les risques pour les civils.
Les équipes de secours, appelées défense civile, disposent de moyens très limités pour intervenir. Selon un correspondant d’Al-Jazeera, il pourrait falloir plus de trois jours pour secourir les éventuelles victimes encore sous les décombres, en raison d’un manque d’équipements lourds comme des machines de déblayage ou de levage. Le maire de Gaza, Yahya Al-Sarraj, a alerté sur le risque d’autres effondrements similaires et a appelé à la mise en place urgente de logements mobiles avant l’hiver, période où les conditions de vie deviennent encore plus difficiles. Les déplacés, déjà vulnérables, sont particulièrement exposés à ces dangers.
La destruction massive des bâtiments à Gaza a laissé des milliers de personnes sans abri. Malgré les mises en garde des autorités, de nombreuses familles se sont installées dans des immeubles endommagés par la guerre, faute d’alternatives. Le bâtiment Al-Saada en est un exemple frappant : bien que fragilisé et dangereux, il abritait des dizaines de déplacés. Cette situation illustre l’ampleur de la crise du logement dans l’enclave, où la majorité des infrastructures ont été détruites ou rendues inhabitables. Les solutions proposées, comme les logements mobiles, restent insuffisantes face à l’urgence.
L’effondrement de l’immeuble Al-Saada a suscité des réactions locales et internationales, soulignant l’urgence d’une solution humanitaire. Le maire de Gaza a insisté sur la nécessité d’agir rapidement pour éviter d’autres catastrophes, notamment avec l’arrivée de l’hiver. Cependant, les moyens disponibles sont insuffisants, et la situation reste critique. Ce drame met en lumière les conséquences humanitaires d’un conflit prolongé, ainsi que les défis logistiques et politiques pour y répondre. Les chiffres officiels, bien que contestés par certains, donnent une mesure de l’ampleur de la crise.

