Au moins 16 000 baleines ont gagné cette région de l'Arctique en un été, on sait désormais pourquoi
Au large du Groenland oriental, les baleines dans l’Arctique se comptent désormais par milliers chaque été. Elles suivent le capelan, un petit poisson qui a déplacé ses zones d’engraissement à mesure que la banquise reculait..
En 2025, une région de l’Arctique a accueilli au moins 16 000 baleines en un seul été, un phénomène exceptionnel qui a surpris les scientifiques. Cette concentration massive d’animaux marins dans une zone habituellement moins fréquentée a été observée par des chercheurs lors d’une expédition en mer de Barents, au nord de la Norvège et de la Russie. Les baleines concernées sont principalement des baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) et des baleines boréales (Balaena mysticetus), deux espèces migratrices qui se déplacent habituellement entre les eaux froides et les zones tropicales pour se nourrir ou se reproduire. Les experts estiment que ce rassemblement pourrait être lié à des changements environnementaux majeurs, notamment la fonte accélérée des glaces polaires due au réchauffement climatique.
Les scientifiques ont découvert que la présence de ces baleines était directement liée à l’apparition d’un courant d’eau chaude dans cette région de l’Arctique. Ce courant, appelé courant du Gulf Stream lorsqu’il traverse l’Atlantique, transporte des eaux plus chaudes et riches en nutriments depuis les tropiques vers le nord. En atteignant la mer de Barents, ces eaux réchauffent localement l’océan et favorisent la prolifération de plancton, de petits organismes marins qui servent de nourriture aux baleines. Le plancton est essentiel dans la chaîne alimentaire marine : il est consommé par des poissons et des crustacés, eux-mêmes mangés par les baleines. Sans ce courant, ces eaux seraient trop froides et pauvres pour attirer autant d’animaux.
Le réchauffement climatique joue un rôle clé dans ce phénomène. La fonte des glaces polaires, accélérée par l’augmentation des températures mondiales, modifie les courants marins et les écosystèmes de l’Arctique. Normalement, la glace de mer agit comme une barrière qui limite le mélange des eaux froides et chaudes. Avec sa disparition progressive, les courants chauds comme le Gulf Stream peuvent s’infiltrer plus facilement dans des zones autrefois inaccessibles, transformant des déserts marins en zones riches en vie. Les chercheurs soulignent que ce changement pourrait avoir des conséquences à long terme sur l’équilibre des écosystèmes arctiques, même s’il attire temporairement une biodiversité accrue.
L’afflux de baleines a été documenté par une équipe internationale de chercheurs lors d’une mission en mer de Barents en août 2025. Les scientifiques ont utilisé des méthodes d’observation par satellite, des drones et des capteurs acoustiques pour suivre les déplacements des animaux. Ils ont également prélevé des échantillons d’eau pour analyser la concentration en plancton et en nutriments. Ces données ont permis de confirmer le lien entre la présence des baleines et l’arrivée du courant chaud. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Science Advances en septembre 2026, marquant une avancée dans la compréhension des effets du changement climatique sur les écosystèmes marins.
L’arrivée massive de baleines dans cette région soulève des questions sur les conséquences écologiques à long terme. D’un côté, cette concentration d’animaux peut favoriser la reproduction des espèces et renforcer la biodiversité locale. De l’autre, elle pourrait perturber l’équilibre naturel en épuisant les ressources alimentaires ou en modifiant les comportements des autres espèces marines. Les chercheurs appellent à une surveillance accrue de ces zones pour évaluer l’impact réel de ces changements. Ils soulignent également l’importance de protéger ces écosystèmes fragiles, déjà menacés par la pêche intensive et la pollution.

