Plus de 40% de la Terre pourrait devenir des « zones arides » d'ici 2100, préviennent des scientifiques
Les déserts et les steppes sèches couvrent déjà plus du tiers des terres émergées. Le réchauffement devrait encore étendre leur emprise d'ici la fin du siècle.
Une zone aride désigne une région où les précipitations sont très faibles, généralement inférieures à 250 millimètres par an, ce qui limite fortement la croissance de la végétation et rend les sols secs. Ces zones incluent les déserts comme le Sahara ou le désert d'Arabie, mais aussi des régions semi-arides où la sécheresse est fréquente. Les scientifiques classent ces territoires en fonction de leur indice d'aridité, un indicateur qui compare les précipitations annuelles à l'évaporation potentielle. Plus cet indice est bas, plus la zone est considérée comme aride. Ces régions abritent souvent des écosystèmes adaptés à la sécheresse, mais leur expansion menace la biodiversité et les activités humaines comme l'agriculture.
Selon une étude publiée par des chercheurs, plus de 40% des terres émergées pourraient devenir des zones arides d'ici l'an 2100 si les émissions de gaz à effet de serre (GES) continuent d'augmenter au rythme actuel. Cette projection repose sur des modèles climatiques qui simulent l'évolution des températures et des précipitations en fonction de différents scénarios de réchauffement. Les régions les plus exposées se situent principalement autour de l'équateur, dans des zones déjà fragiles comme le sud de l'Europe, l'Afrique subsaharienne, l'Australie ou encore le sud-ouest des États-Unis. Ces transformations pourraient affecter des millions de personnes et des écosystèmes entiers.
Le principal facteur responsable de cette expansion des zones arides est le réchauffement climatique, lui-même causé par l'augmentation des concentrations de GES dans l'atmosphère, notamment le dioxyde de carbone (CO₂) et le méthane (CH₄). Ces gaz, émis en grande quantité par les activités humaines (industrie, transports, agriculture), renforcent l'effet de serre naturel, ce qui élève les températures mondiales. En conséquence, l'évaporation de l'eau s'intensifie, réduisant les réserves d'humidité dans les sols et les nappes phréatiques. Les scientifiques soulignent que ce phénomène est déjà observable dans certaines régions, comme en Méditerranée, où les sécheresses deviennent plus fréquentes et plus intenses.
L'extension des zones arides aurait des répercussions majeures sur les sociétés humaines. D'abord, elle réduirait les surfaces cultivables, menaçant la sécurité alimentaire de millions de personnes, notamment dans les pays en développement où l'agriculture dépend fortement des pluies. Ensuite, elle accentuerait les migrations climatiques, poussant les populations à quitter des régions devenues inhabitables vers des zones plus humides. Enfin, elle pourrait exacerber les conflits pour l'accès à l'eau et aux terres fertiles, comme cela est déjà observé dans certaines parties de l'Afrique ou du Moyen-Orient. Les économies locales, dépendantes de l'agriculture ou du tourisme, seraient également affectées.
Pour limiter l'expansion des zones arides, les scientifiques insistent sur la nécessité de réduire drastiquement les émissions de GES. Cela passe par des transitions énergétiques vers des sources renouvelables (solaire, éolien), une amélioration de l'efficacité énergétique dans l'industrie et les transports, ainsi qu'une meilleure gestion des ressources naturelles. Des mesures d'adaptation, comme la restauration des sols ou l'utilisation de techniques agricoles résilientes (agroécologie, irrigation raisonnée), pourraient aussi atténuer les effets de la sécheresse. Certains pays, comme l'Australie ou Israël, développent déjà des stratégies pour faire face à ces défis, mais une action mondiale coordonnée reste indispensable pour éviter le pire scénario.
Les chercheurs à l'origine de cette étude soulignent que les gouvernements et les organisations internationales ont un rôle clé à jouer pour éviter une crise majeure. Des institutions comme le *GIEC* (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) fournissent des rapports et des recommandations pour guider les politiques climatiques. Cependant, les décisions politiques et économiques doivent être prises rapidement, car les effets du réchauffement climatique sont déjà en cours et difficiles à inverser. L'enjeu est donc double : réduire les émissions de GES tout en préparant les sociétés aux changements inévitables, notamment dans les régions les plus vulnérables.

