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Géopolitique

Bosnie-Herzégovine : les partis nationalistes confortent leur emprise dans les urnes

Courrier International · mis à jour il y a 29 j

Les élections générales du 4 octobre ont confirmé les clivages ethniques entre Bosniaques, Serbes et Croates, les trois peuples constitutifs de la Bosnie-Herzégovine. Dans des scrutins, marqués par une forte abstention, les partis nationalistes reviennent en force à tous les niveaux du pouvoir, constatent les médias bosniens et régionaux..

Élections en Bosnie

Les élections générales du 4 octobre 2026 en Bosnie-Herzégovine ont confirmé les divisions ethniques entre les trois peuples constitutifs du pays : les Bosniaques (majoritairement musulmans), les Serbes (orthodoxes) et les Croates (catholiques). Ces élections, marquées par une forte abstention, ont vu les partis nationalistes renforcer leur influence à tous les niveaux du pouvoir. Six électeurs sur dix n’ont pas participé au scrutin, un taux d’abstention élevé qui reflète, selon les médias locaux comme l’hebdomadaire croate Novosti, un désintérêt croissant pour la politique, des difficultés économiques persistantes et une lassitude face aux blocages institutionnels et aux réformes inabouties. Les électeurs auraient préféré se tourner vers des forces politiques traditionnelles plutôt que de chercher des alternatives, par pragmatisme ou par manque de confiance dans les autres options.

Système politique complexe

La Bosnie-Herzégovine est dirigée par un système politique unique, basé sur une présidence tripartite où chaque groupe ethnique (Bosniaques, Serbes et Croates) est représenté par un président tournant. Ce système, issu des accords de Dayton signés en 1995 pour mettre fin à la guerre, est conçu pour garantir une représentation équilibrée entre les communautés. Cependant, il est souvent critiqué pour son inefficacité et ses blocages, car chaque décision nécessite un consensus entre les trois groupes, ce qui rend les réformes difficiles. Les partis nationalistes, qui défendent les intérêts de leur communauté respective, y trouvent un terrain propice pour maintenir leur influence et bloquer toute avancée qui menacerait leur pouvoir ou leur autonomie.

Victoire de Dodik

Milorad Dodik, figure emblématique du nationalisme serbe et président de la Republika Srpska (l’une des deux entités politiques du pays, majoritairement serbe), a remporté une victoire écrasante lors de ces élections. Son parti, le SNSD, a renforcé sa domination au Parlement de l’entité serbe. Pourtant, Dodik était interdit de candidature en raison de ses velléités sécessionnistes, qui menacent l’unité de la Bosnie-Herzégovine. Il a attribué son succès à un changement de climat politique aux États-Unis, déclarant : « Sans Trump, nous serions probablement aujourd’hui politiquement morts », en référence à l’administration américaine précédente. Cette victoire illustre la résilience des partis nationalistes, capables de mobiliser leur électorat malgré les obstacles juridiques ou politiques.

Nationalisme dominant

Les résultats des élections montrent que les électeurs des trois communautés (Serbes, Bosniaques et Croates) ont massivement soutenu des partis nationalistes, qu’ils soient de gauche ou de droite. Selon la chaîne régionale N1, « les rêveurs ont perdu et le pragmatisme l’a emporté », soulignant que les votants ont privilégié des formations politiques éprouvées, perçues comme plus stables ou plus capables de défendre leurs intérêts communautaires. Ce choix reflète un rejet des alternatives politiques, jugées trop idéalistes ou inefficaces, et une préférence pour des leaders capables de garantir des avantages concrets pour leur groupe ethnique, même au détriment de l’unité nationale ou des réformes structurelles.

Ce que ça pourrait changer

Les difficultés économiques, les blocages institutionnels et la lassitude face aux réformes sont cités comme les principales raisons de l’abstention record. La Bosnie-Herzégovine, bien que stabilisée depuis les accords de Dayton, reste un pays fragile, avec des inégalités économiques marquées entre les régions et des tensions politiques récurrentes. Les partis nationalistes, en misant sur des discours identitaires et des promesses de protection des intérêts communautaires, parviennent à mobiliser leur électorat dans ce contexte de mécontentement général. Leur succès aux urnes pourrait aggraver les divisions ethniques et compliquer toute tentative de réforme ou de rapprochement entre les communautés.

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