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Les pays du BRICS exhortent à la « retenue maximale » dans le conflit au Moyen-Orient

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 8 j

Le conflit au Moyen-Orient divise les pays du BRICS..

BRICS et conflit

Les onze pays membres du groupe BRICS, dont la Chine, l'Inde, la Russie et l'Iran, ont adopté une déclaration commune le 12 septembre 2026 lors d'un sommet à New Delhi. Ils y expriment leur inquiétude face à l'escalade des tensions au Moyen-Orient et appellent à une retenue maximale pour éviter une aggravation de la situation. Le BRICS est un forum créé en 2009 par cinq grandes économies émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) pour promouvoir une coopération économique et politique en dehors des institutions dominées par les États-Unis et l'Europe, comme le G7. Ce groupe représente aujourd'hui 50 % de la population mondiale, 40 % du PIB mondial et plus d'un quart du commerce international. La déclaration souligne que les tensions au Moyen-Orient, notamment les frappes et les représailles entre pays de la région, risquent d'avoir des répercussions économiques mondiales, en particulier sur les prix de l'énergie.

Positions divergentes

Les membres du BRICS affichent des positions divergentes sur le conflit au Moyen-Orient. La Chine et la Russie, qui cherchent à réduire l'influence américaine dans le monde, continuent de commercer avec l'Iran malgré les menaces de sanctions américaines. À l'inverse, les Émirats arabes unis ont suspendu leurs échanges commerciaux et financiers avec l'Iran en août 2026 après avoir été ciblés par des missiles iraniens. Malgré ces tensions, le président iranien Massoud Pezeshkian et le prince héritier émirati Cheikh Khaled ben Mohamed ben Zayed Al Nahyane se sont rencontrés en marge du sommet. L'Iran, représenté par Pezeshkian, a réaffirmé que le Moyen-Orient n'avait pas besoin d'un gendarme étranger, en référence aux États-Unis, et a insisté sur la nécessité que les pays de la région gèrent eux-mêmes leur sécurité et leur intégrité territoriale.

Blocage stratégique

En réponse aux frappes subies, l'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transitaient 20 % du pétrole mondial avant le début du conflit. Ce blocage a provoqué une hausse des prix du pétrole, avec le baril de Brent dépassant à nouveau le seuil de 100 dollars américains cette semaine. Le détroit d'Ormuz est un passage clé entre le golfe Persique et la mer d'Oman, reliant les principaux producteurs de pétrole du Moyen-Orient aux marchés mondiaux. Son blocage illustre comment un conflit localisé peut avoir des conséquences économiques globales, en perturbant l'approvisionnement en énergie et en faisant flamber les prix du brut.

Relations Chine-Inde

Le sommet du BRICS a également été marqué par une rencontre entre le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre indien Narendra Modi. Les deux dirigeants se sont parlés en marge du sommet, une première depuis 2019, année où un accrochage militaire meurtrier avait opposé leurs pays à leur frontière disputée dans l'Himalaya. Depuis, les relations entre la Chine et l'Inde se sont progressivement améliorées, mais la méfiance persiste. Xi Jinping a déclaré que la Chine était prête à travailler avec l'Inde pour renforcer la communication et la coopération. Cette rencontre s'inscrit dans un contexte où les deux pays cherchent à stabiliser leurs relations, tout en restant concurrents sur la scène économique et politique mondiale.

Appel au multilatéralisme

Lors de son discours d'ouverture, Modi a appelé le Sud global – c'est-à-dire les pays en développement souvent marginalisés dans les décisions internationales – à transformer la structure pyramidale actuelle des relations mondiales en une structure de partenariat plus équilibrée. Xi Jinping, quant à lui, a réaffirmé le soutien du BRICS à un système commercial multilatéral, ouvert et équitable, centré sur l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Il a également appelé le groupe à rejeter toute forme de protectionnisme, une politique économique visant à protéger les entreprises locales en limitant les importations. Ces prises de position s'inscrivent dans une volonté de promouvoir un ordre mondial plus inclusif, en opposition aux pratiques perçues comme dominatrices des pays occidentaux.

Ce que ça pourrait changer

Le sommet du BRICS a également été l'occasion pour Modi et le président russe Vladimir Poutine d'échanger sur les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. Cependant, la déclaration commune publiée à l'issue du sommet ne mentionne pas le conflit en Ukraine, bien que Poutine se soit rendu en Inde six mois plus tôt. Cette absence de référence à l'Ukraine dans le document final contraste avec les tensions persistantes entre la Russie et l'Occident, notamment depuis l'invasion russe de 2022. Elle reflète peut-être une volonté des membres du BRICS de ne pas s'immiscer dans des conflits qui divisent leurs partenaires ou d'éviter de prendre position sur des sujets sensibles.

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