Pillages du 17 octobre : les puces antivol des vêtements peuvent-elles permettre de retrouver les articles dérobés ?
Les étiquettes antivol et les puces RFID des vêtements pillés le 17 octobre ne permettent pas de les localiser. Elles peuvent en revanche identifier un article retrouvé et rendre sa revente plus difficile.
Les puces antivol et les étiquettes RFID cousues dans les vêtements ne permettent pas de localiser les articles volés. Ces dispositifs fonctionnent comme des alarmes : ils déclenchent un signal uniquement lorsqu'ils passent devant un portique de détection en magasin. Une fois sortis du magasin, ils n'émettent plus aucun signal et ne peuvent donc pas être suivis à distance. Par exemple, les puces RFID, utilisées par des enseignes comme Decathlon depuis 2019, ne se lisent qu'à une distance d'environ un mètre. Leur rôle se limite donc à identifier un article une fois retrouvé, et non à le tracer en temps réel.
Les puces RFID et les étiquettes antivol servent principalement à compliquer la revente des articles volés. Grâce à leur numéro unique, les forces de l'ordre peuvent relier un article saisi à un magasin spécifique. Une étude publiée en 2026 dans la revue Crime Science souligne que ces dispositifs réduisent l'attrait des objets volés pour les revendeurs, car ils révèlent leur provenance. Les voleurs doivent donc retirer ces étiquettes avant de mettre les articles en vente, ce qui ajoute une étape risquée à leur activité. Cette logique s'applique aussi aux objets électroniques, comme l'a montré une enquête australienne de 2022 : les voleurs évitent désormais les téléphones ou ordinateurs, car ils sont traçables.
Les dispositifs antivol ont un effet dissuasif sur les voleurs. Une étude menée par Ronald V. Clarke et Robert DiLonardo dans des magasins américains a montré que l'utilisation d'étiquettes à encre, qui tachent le tissu si on les arrache, a réduit les pertes de 4,5 % à 2,4 % du chiffre d'affaires dans quatre boutiques. Cette méthode, testée dans les années 1990, repose sur le principe que les voleurs préfèrent éviter les articles qui pourraient les identifier ou les rendre inutilisables. Cependant, cette étude ne couvre qu'un échantillon limité de magasins et ne mesure pas directement le nombre d'articles retrouvés grâce à ces étiquettes.
Malgré ces dispositifs, les pillages du 17 octobre 2026 ont montré que des articles équipés de puces antivol ou RFID réapparaissaient en ligne. Les solutions existantes ne permettent pas de localiser les objets volés en temps réel, mais rendent leur revente plus difficile. Les enquêtes menées auprès de voleurs, comme celle de l'Université d'Australie-Occidentale en 2022, révèlent que ces dispositifs influencent leurs choix, mais ne les dissuadent pas totalement. Par ailleurs, aucune étude ne quantifie précisément le nombre d'articles retrouvés grâce à ces étiquettes, ce qui limite l'évaluation de leur efficacité réelle.
Pour réduire les vols, les commerçants peuvent combiner plusieurs méthodes. Les étiquettes à encre et les puces RFID sont deux outils complémentaires. Les premières rendent les articles inutilisables, tandis que les secondes permettent d'identifier leur provenance. Cependant, ces solutions ne sont pas infaillibles. Une approche globale, incluant la surveillance humaine et des politiques de retour strictes, pourrait être plus efficace. Les enseignes comme Decathlon, qui utilisent des puces RFID depuis 2019, montrent que ces technologies peuvent limiter les pertes, mais ne suffisent pas à elles seules à résoudre le problème des vols.

