Les rebelles yéménites mènent une attaque d’ampleur en Arabie saoudite
L’attaque menée par les Houthis, à l’aide de dizaines de drones et de missiles, a blessé 73 civils..
Les rebelles yéménites Houthis, un groupe armé soutenu par l’Iran, ont mené une attaque d’ampleur contre l’Arabie saoudite le 8 septembre 2026. Cette offensive a utilisé des dizaines de drones et de missiles, ciblant notamment des sites pétroliers du géant Aramco à Abha, Najran et Jizan, ainsi qu’une base militaire à Khamis Mushait. Selon le porte-parole de la coalition saoudienne, 73 civils ont été blessés, dont des femmes et des enfants. Les Houthis ont justifié cette attaque en réponse à 121 frappes saoudiennes menées au Yémen ces trois derniers jours. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a accusé l’Iran d’être derrière ces frappes, une affirmation condamnée par l’ONU et l’Union européenne, qui y voient une menace pour la stabilité régionale.
Cette escalade s’inscrit dans un conflit régional plus large, déclenché par une offensive américano-israélienne contre l’Iran en février 2026. Le Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, est plongé dans une guerre civile depuis 2014, opposant les Houthis aux forces gouvernementales soutenues par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Le cessez-le-feu de 2022 a été rompu en juillet 2026, relançant les combats. Les Houthis, qui contrôlent une partie du nord du Yémen, multiplient les attaques contre l’Arabie saoudite, notamment en visant ses infrastructures pétrolières et en annonçant un blocus maritime. Le détroit de Bab el-Mandeb, une voie maritime stratégique reliant l’Asie à l’Europe via la mer Rouge et le canal de Suez, est au cœur de ces tensions.
L’attaque des Houthis a provoqué des incendies et des interruptions temporaires d’activité sur plusieurs sites pétroliers saoudiens, dont une raffinerie à Jizan, l’une des plus importantes du royaume. Le baril de pétrole Brent, référence mondiale, s’est rapproché de la barre des 100 dollars, un seuil symbolique, en raison de ces tensions. Parallèlement, la guerre au Yémen a déjà fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans une crise humanitaire majeure. Depuis jeudi, plus de 500 personnes ont péri dans les combats, et près de 20 000 Yéménites ont été contraints de fuir leur domicile. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé à des mesures urgentes pour protéger les civils et désamorcer les hostilités.
L’*Arabie saoudite* a promis de riposter, qualifiant l’attaque de la plus importante depuis plusieurs années. Le chef de la diplomatie saoudienne, **Fayçal ben Farhane**, a averti que le royaume « n’hésitera pas à se défendre ». Cependant, selon l’analyste **Andreas Krieg** du *King’s College* de Londres, la réponse saoudienne devrait rester mesurée, privilégiant les frappes aériennes, le renseignement et le soutien aux forces gouvernementales yéménites, plutôt qu’une intervention terrestre. Les combats se sont intensifiés ces derniers jours, avec plus de 500 morts depuis jeudi. Les Houthis ont également annoncé un blocus maritime de l’Arabie saoudite, ciblant ses navires pétroliers et ses infrastructures.

