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Environnement

Bilan contrasté de Lula, climatoscepticisme de Flávio Bolsonaro… À la veille de la présidentielle au Brésil

Vert.eco · mis à jour 4 oct.

Ce dimanche a lieu le premier tour de l’élection présidentielle brésilienne. Sur la ligne de départ : Lula da Silva et Flávio Bolsonaro.

Crise climatique au Brésil

Le Brésil subit déjà les conséquences visibles du changement climatique, avec des phénomènes comme l’assèchement de l’Amazonie, des inondations à Porto Alegre ou des incendies dans la zone humide du Pantanal. Ces catastrophes touchent particulièrement les populations précaires, déjà vulnérables. Pourtant, malgré ces alertes, la question environnementale reste absente des priorités des électeurs brésiliens. Selon une enquête de l’Observatoire brésilien du climat publiée en septembre 2026, seulement 9 % des Brésiliens considèrent l’environnement comme un enjeu majeur, loin derrière la sécurité, le pouvoir d’achat ou la santé. Les chercheurs soulignent que le débat écologique est encore récent dans la vie politique brésilienne, y compris à gauche, et peine à s’imposer dans les programmes électoraux.

Élections et enjeux écologiques

À l’approche du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne du 5 octobre 2026, six candidats sont en lice, mais seul Lula da Silva, président sortant de gauche, propose un programme environnemental détaillé. Les autres candidats, dont Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, abordent le sujet de manière superficielle ou inexistante. Lula met en avant 16 engagements climatiques, dont la réduction de la déforestation de 51 % pendant son mandat, un plan climat 2024-2035 doté de 11,2 milliards de reais (1,9 milliard d’euros), et une matrice énergétique composée à 49,4 % d’énergies renouvelables en 2025. Flávio Bolsonaro, climatosceptique assumé, ne propose qu’une mesure : améliorer l’accès à l’assainissement de base pour lutter contre les effets du réchauffement.

Contradictions de Lula

Malgré ses avancées environnementales, le gouvernement Lula maintient une politique contradictoire. Il mise sur la réduction de la déforestation et le développement des énergies renouvelables, mais autorise en parallèle l’expansion de l’exploitation pétrolière, notamment au large de l’Amapá, près de l’Amazonie. Cette stratégie illustre une tension entre la volonté de se présenter comme une puissance écologique et le soutien à des activités polluantes. Les peuples autochtones, bien que satisfaits du dialogue retrouvé avec l’exécutif, dénoncent des reculs comme l’autorisation de projets miniers ou ferroviaires controversés, comme le Ferrogrão ou la mine d’or de Belo Sun. Ces projets menacent leurs territoires et leur mode de vie.

Bioéconomie et financiarisation

Dans les programmes électoraux, l’Amazonie est souvent présentée comme un actif économique à exploiter, dans le cadre d’une bioéconomie. Ce concept désigne une approche où la nature est transformée en ressource commerciale, avec des projets d’agrobusiness, d’exploitation minière ou pétrolière. La politologue Cristiana Losekann souligne que cette vision réduit les enjeux écologiques à des questions financières, éloignant les solutions structurelles. Flávio Bolsonaro incarne cette logique en promouvant une expansion des frontières économiques, tandis que Lula tente de concilier protection environnementale et développement, sans toujours y parvenir.

Ce que ça pourrait changer

Les parlementaires élus lors de cette élection joueront un rôle clé dans la définition des règles environnementales, notamment sur l’exploitation minière, pétrolière ou les grands projets d’infrastructure. Une coalition transpartisane, la *Bancada do Clima*, cherche à faire avancer l’agenda climatique au sein des institutions. Cependant, le prochain Parlement pourrait compter des élus liés à des infractions environnementales, avec 75 candidats accusés de 200 violations en Amazonie, pour un total de 176 millions de reais (30 millions d’euros) d’amendes. Le retour possible de Flávio Bolsonaro au pouvoir est perçu comme un risque majeur pour l’environnement et la démocratie, avec des craintes de reprise de politiques « génocidaires » envers les populations autochtones et les défenseurs de l’environnement.

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