La fin des espaces de cotravail pour les fonctionnaires fédéraux
Dix sites de cotravail seront attribués à des ministères précis pour répondre au manque d’espace..
Le gouvernement fédéral canadien met fin à ses espaces de cotravail (coworking spaces) dédiés aux fonctionnaires. Ces espaces, au nombre de 12 répartis dans tout le pays, permettent à 15 000 employés issus de 52 ministères différents de travailler en dehors de leurs bureaux traditionnels. Leur fermeture progressive est prévue pour le 30 septembre 2026. Ces espaces hybrides, souvent situés dans des lieux publics ou des centres-villes, offraient une flexibilité aux agents publics en leur permettant de travailler plus près de leur domicile ou de leurs missions sur le terrain. Leur suppression s'inscrit dans une stratégie plus large visant à recentrer les fonctionnaires dans des bureaux dédiés, en réponse à un manque d'espace dans les bâtiments administratifs centraux.
Dix des douze sites de cotravail seront réaffectés à des ministères spécifiques dès le 30 septembre 2026, selon les besoins opérationnels et la demande des organisations. Par exemple, la Place du Portage à Gatineau sera attribuée à Emploi et Développement social Canada, tandis que le site L'Esplanade Laurier à Ottawa reviendra à Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC). Les cinq sites de la région de la capitale nationale (Ottawa-Gatineau) seront répartis entre la Défense nationale, Environnement et Changement climatique Canada, Emploi et Développement social Canada, et SPAC. Au total, 266 postes de travail seront redistribués pour répondre aux besoins accrus de présence sur place des fonctionnaires. SPAC n'a pas précisé si de nouveaux espaces de cotravail seraient créés à l'avenir, mais souligne que le modèle actuel évolue vers une attribution fixe de postes de travail plutôt que vers des espaces partagés.
La décision de mettre fin aux espaces de cotravail s'appuie sur deux principaux arguments. D'une part, le gouvernement fédéral fait face à un manque d'espace dans ses bureaux traditionnels, notamment dans la région de la capitale nationale où la demande est forte. D'autre part, cette réorganisation vise à soutenir la mise en œuvre d'une présence accrue des fonctionnaires sur place, c'est-à-dire dans les locaux administratifs officiels. Mario Morneau, porte-parole de SPAC, a expliqué que les allocations ont été réalisées en fonction des besoins opérationnels et de la demande des ministères concernés. Cette mesure s'inscrit dans un contexte plus large de réorganisation des espaces de travail publics, marqué par une volonté de rationaliser l'utilisation des ressources immobilières fédérales.
Les dix sites de cotravail qui seront réaffectés sont répartis dans plusieurs régions du Canada. Cinq se trouvent dans la région de la capitale nationale (Ottawa-Gatineau), tandis que les cinq autres sont situés à Laval, Charlottetown, Dartmouth, Moncton et Vancouver. Chaque site sera attribué à un ministère en fonction de ses besoins spécifiques. Par exemple, le site de Laval sera attribué à l'Agence du revenu du Canada, tandis que celui de Dartmouth reviendra à Pêches et Océans Canada. Cette répartition montre une volonté de désengorger les bureaux centraux tout en maintenant une présence fédérale dans différentes régions du pays. Les ministères concernés n'ont pas encore précisé comment cette réorganisation impactera le quotidien des fonctionnaires affectés.
Le gouvernement fédéral n'a pas indiqué s'il prévoyait d'acquérir de nouveaux espaces de cotravail à l'avenir. Cependant, il est clair que le modèle actuel, basé sur des espaces partagés et flexibles, est en train de disparaître au profit d'une attribution fixe de postes de travail dans des bureaux traditionnels. Cette évolution reflète une tendance plus large dans l'administration publique, où la rationalisation des coûts et l'optimisation des ressources immobilières deviennent des priorités. Les fonctionnaires concernés devront donc s'adapter à cette nouvelle organisation, qui pourrait entraîner des changements dans leurs habitudes de travail, notamment en termes de déplacements ou de flexibilité géographique.

