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La Chine révèle avoir mené des pourparlers militaires avec des responsables canadiens

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 12 j

Ottawa n'a mené aucun exercice militaire ni aucune coopération avec l'armée chinoise depuis 2018..

Rencontre militaire sino-canadienne

Le 4 septembre 2026, la Chine et le Canada ont tenu leur cinquième dialogue de coordination en matière de défense, une réunion officielle entre les ministères de la Défense des deux pays. Selon le ministère chinois de la Défense, cette rencontre s'est déroulée au Canada et a porté sur des questions internationales et régionales d'intérêt commun. Les deux parties ont exprimé leur volonté de renforcer les échanges et la coopération pratiques entre leurs armées, tout en augmentant la compréhension et la confiance mutuelles. Le ministère canadien de la Défense nationale a confirmé l'existence de cette réunion quelques jours plus tard, sans fournir de détails supplémentaires. Cette rencontre marque la reprise des pourparlers militaires entre les deux pays après huit ans d'interruption, bien que le Canada n'ait pas confirmé cette interprétation, évoquant plutôt une réunion dans le cadre des communications militaires interarmées continues au niveau fonctionnel.

Contexte diplomatique tendu

Les relations diplomatiques entre le Canada et la Chine sont tendues depuis 2018, en raison de la détention par Pékin de deux citoyens canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor. Cette crise a conduit Ottawa à suspendre toute coopération militaire avec l'Armée populaire de libération (APL), l'armée chinoise. Depuis cette date, aucun exercice militaire ni aucune collaboration n'a été mené entre les deux pays. La reprise des pourparlers militaires en 2026 intervient donc dans un contexte de tentative de normalisation des relations, alors que le gouvernement canadien, dirigé par le premier ministre Mark Carney, cherche à approfondir ses liens avec Pékin. Cependant, cette initiative suscite des inquiétudes, notamment chez les conservateurs canadiens, qui rejettent toute coopération militaire avec la Chine.

Position du gouvernement Carney

Le gouvernement canadien, dirigé par Mark Carney, adopte une approche prudente en matière de relations avec la Chine, cherchant à établir des garde-fous pour protéger les intérêts stratégiques du Canada. Cette stratégie consiste à identifier des domaines précis où la coopération avec la Chine sera approfondie, et d'autres où elle sera exclue, notamment en matière de défense. Le ministère de la Défense nationale a souligné que la réunion du 4 septembre s'inscrivait dans cet engagement à protéger la sécurité des Canadiens. Le gouvernement a également précisé qu'il ne divulgue pas les réunions de travail de ses représentants, conformément à une pratique établie de longue date. Cette position vise à concilier la volonté de dialogue avec la nécessité de protéger les intérêts nationaux.

Critique des conservateurs

Le chef du Parti conservateur canadien, Pierre Poilievre, a critiqué la reprise des pourparlers militaires avec la Chine, qualifiant cette initiative de contradiction avec les déclarations précédentes de Mark Carney. En 2025, Carney avait en effet qualifié la Chine de la plus grande menace pour le Canada dans le monde. Poilievre a également rappelé que la Chine avait kidnappé des citoyens canadiens, s'était ingérée dans les élections canadiennes et avait installé des postes de police sur le sol canadien, faisant référence à des accusations portées contre Pékin. Il a conclu en affirmant qu'il n'y avait pas de coopération militaire avec un régime aux pratiques jugées inacceptables. Ces critiques reflètent les tensions politiques internes au Canada concernant la gestion des relations avec la Chine.

Ce que ça pourrait changer

L'initiative de dialogue militaire entre le Canada et la Chine trouve son origine dans un incident survenu début 2023, impliquant un *ballon stratosphérique* chinois. Les autorités américaines et canadiennes ont affirmé que ce ballon avait survolé illégalement leur espace aérien, transportant du matériel de renseignement, bien que sans transmettre d'informations à la Chine. Cet événement a conduit les responsables militaires canadiens à envisager un dialogue plus ouvert avec leurs homologues chinois, afin de passer d'une situation conflictuelle à un rétablissement des relations. En janvier 2024, un responsable militaire canadien avait déclaré aux députés que cette approche visait à instaurer une communication plus transparente. Cependant, l'ambassadeur de Chine de l'époque avait critiqué l'envoi de navires de la marine canadienne dans le *détroit de Taïwan*, un sujet de tension majeur entre les deux pays.

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