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Généraliste

Les chefs se prêtent à l’exercice de Cinq chefs une élection

ICI Radio-Canada · mis à jour 10 sept.

Qu’ont à dire les chefs sur la guerre commerciale, les seuils d’immigration ou l’indépendance du Québec?.

Émission spéciale électorale

L’émission Cinq chefs, une élection, diffusée le 10 septembre 2026 sur les plateformes de Radio-Canada depuis l’agora du parlement à Québec, a réuni les cinq principaux chefs de parti en lice pour l’élection québécoise du 5 octobre 2026. Christine Fréchette (CAQ), Charles Milliard (PLQ), Ruba Ghazal (QS), Paul St-Pierre Plamondon (PQ) et Éric Duhaime (PCQ) ont répondu aux questions des journalistes Sébastien Bovet, Anne-Marie Dussault et Alec Castonguay. L’ordre de passage des chefs était déterminé par leur nombre de députés à l’Assemblée nationale au moment de la dissolution du parlement. Cette émission de deux heures visait à éclairer les électeurs sur les positions des partis avant le scrutin.

Fréchette et la guerre tarifaire

Christine Fréchette, cheffe de la Coalition Avenir Québec (CAQ), a abordé la guerre tarifaire entre le Canada et les États-Unis, soulignant que le Québec pourrait subir des pertes d’emploi « considérables » sans préciser de chiffres. Elle a défendu la gestion de l’offre et la protection de la langue française comme lignes rouges non négociables avec Ottawa. Fréchette a exprimé sa confiance envers le premier ministre Mark Carney, affirmant qu’il respecterait ses engagements. Concernant l’exportation d’hydroélectricité vers les États-Unis, elle a évoqué une mesure extrême en cas de crise, tout en rappelant que les contrats en vigueur ne permettent pas de modifier les prix arbitrairement. La gestion de l’offre désigne un système de quotas visant à stabiliser les prix des produits agricoles, tandis que la langue française est protégée par des lois québécoises strictes.

Milliard et la laïcité

Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), a évoqué la Loi sur la laïcité de l’État (loi 21), qui interdit le port de signes religieux pour les employés de l’État. Officiellement, le PLQ ne souhaite pas reconduire la clause dérogatoire de cette loi, qui la protège des contestations judiciaires jusqu’en 2029. Milliard a réaffirmé son soutien à la laïcité tout en critiquant les divisions créées par la loi 21 sous le gouvernement caquiste. Concernant l’immigration, il a jugé la cible actuelle de 45 000 immigrants permanents par an trop basse, mais celle de 70 000 proposée par Québec solidaire trop élevée. Il propose de fixer un objectif intermédiaire, en collaboration avec les municipalités, pour 2027. La clause dérogatoire est une disposition légale permettant de contourner temporairement certains droits fondamentaux pour des raisons d’intérêt public.

Ghazal et l’indépendance

Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec solidaire (QS), a confirmé que son parti appuierait le oui lors d’un éventuel troisième référendum sur l’indépendance du Québec. Elle a insisté sur la nécessité de rallier la société civile à ce projet, soulignant que l’indépendance ne peut être portée uniquement par des partis politiques. Ghazal a reconnu les craintes liées à la crise tarifaire actuelle, mais a défendu l’idée que le Québec doit défendre ses propres intérêts. Elle a également précisé que l’indépendance ne se ferait pas contre le Canada, mais en collaboration avec lui, comme avec d’autres pays. Le référendum est une consultation populaire où les citoyens votent pour ou contre une proposition, ici l’indépendance du Québec.

PSPP et référendum minoritaire

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois (PQ), a réaffirmé son intention de tenir un référendum sur l’indépendance même en cas de gouvernement minoritaire après le 5 octobre 2026. Il a souligné son engagement à respecter ses promesses électorales, évoquant sa réputation de cohérence après six ans à la tête du parti. Bien qu’il n’ait pas détaillé de scénarios précis pour un gouvernement minoritaire, il a exclu de collaborer avec le Parti libéral du Québec (PLQ), tout en laissant la porte ouverte à d’éventuels partenariats avec Québec solidaire. Le PQ est un parti souverainiste visant l’indépendance du Québec. Un gouvernement minoritaire est une situation où le parti au pouvoir ne détient pas la majorité des sièges à l’Assemblée nationale.

Ce que ça pourrait changer

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), a annoncé que son parti relancerait l’exploration du *gaz de schiste* au Québec, un projet controversé ces dernières années. Il a justifié cette position par la volonté du Québec de devenir *souverain en matière énergétique*, réduisant sa dépendance envers les États-Unis. Duhaime a évoqué des technologies plus propres et une *acceptabilité sociale* qu’il juge réalisable, affirmant que les communautés locales y gagneraient. Il a également soutenu que l’exportation de gaz liquéfié vers l’Europe, remplaçant le charbon, réduirait les émissions de gaz à effet de serre. Le gaz de schiste est un gaz naturel extrait de roches sédimentaires par fracturation hydraulique, une technique controversée pour ses impacts environnementaux.

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