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Géopolitique

Le “plan secret” de l’Iran pour “intensifier” la guerre au Moyen-Orient

Courrier International · mis à jour il y a 15 j

Durant les deux mois qui ont suivi la signature du protocole d’accord entre Washington et Téhéran, le régime iranien s’est préparé à étendre le conflit régional et à en accroître le coût pour les États-Unis, écrit “The Wall Street Journal”, alors que l’accord arrive à expiration lundi 17 août..

Contexte géopolitique

En juin 2026, les États-Unis, représentés par le président Donald Trump, et l’Iran ont signé un protocole d’accord visant à réouvrir le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. Ce détroit est crucial pour le transport mondial de pétrole. L’accord prévoyait également d’amorcer une désescalade du conflit entre les deux pays, qui dure depuis plusieurs années. Selon The Wall Street Journal, les dirigeants iraniens, notamment les factions les plus radicales menées par Mojtaba Khamenei (fils du guide suprême iranien), ont interprété cette signature comme une manœuvre des États-Unis et d’Israël pour gagner du temps et alléger la pression économique mondiale sur l’Iran, plutôt qu’une réelle volonté de paix.

Stratégie iranienne

Plutôt que de miser sur les négociations, l’Iran a choisi une approche offensive pour étendre le conflit au Moyen-Orient. Les dirigeants iraniens ont profité des deux mois suivant la signature de l’accord pour renforcer leurs capacités militaires et préparer une escalade. Leur objectif principal est d’infliger suffisamment de souffrances aux États-Unis pour éviter que ne se reproduisent les attaques subies par l’Iran lors de la ‘guerre des 12 jours’ en 2025, ainsi que lors des conflits en cours. Pour y parvenir, l’Iran a reconstruit rapidement sa puissance de feu, notamment en augmentant sa production de missiles et de drones, plus rapidement que prévu par les observateurs internationaux. De plus, Téhéran a envoyé des conseillers militaires auprès de milices alliées en Irak, au Yémen et au Liban pour intensifier les attaques contre les intérêts américains et israéliens.

Méthodes d’intensification

L’Iran utilise une tactique appelée la ‘stratégie du salami’, qui consiste à multiplier les petites attaques pour épuiser progressivement l’adversaire sans déclencher une réponse massive immédiate. Ces dernières semaines, Téhéran a réussi à intensifier les attaques via ses alliés régionaux, notamment en envoyant des conseillers et en coordonnant des opérations avec des groupes armés comme le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen et des milices irakiennes. Ces groupes ciblent régulièrement les bases militaires américaines, les infrastructures pétrolières et les navires dans la région. L’objectif est d’accroître le coût politique et économique des interventions américaines au Moyen-Orient, tout en évitant une escalade directe qui pourrait mener à une guerre ouverte.

Ce que ça pourrait changer

Le protocole d’accord signé entre les États-Unis et l’Iran avait une durée de soixante jours, prenant fin le 17 août 2026. À cette date, aucune prolongation n’a été annoncée, et les tensions entre les deux pays restent élevées. L’Iran a clairement indiqué qu’il ne comptait pas respecter les termes de l’accord si les États-Unis ne répondaient pas à ses exigences, notamment la levée des sanctions économiques qui étouffent son économie. De son côté, Washington accuse Téhéran de mauvaise foi et de préparer une escalade militaire. La situation reste donc très volatile, avec un risque accru de confrontation directe dans les semaines à venir.

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