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Les araignées rouges sur les balcons ne sont pas des araignées : ce qu’elles mangent, pourquoi elles sont rouges et pourquoi il vaut mieux ne pas s’en débarrasser

Science & Vie · mis à jour 18 août

Dès les premiers beaux jours, des points écarlates surgissent sur les murs, les rebords de fenêtre et les dalles de balcon. Le réflexe est de les écraser, en les prenant pour de minuscules araignées.

Ce ne sont pas des araignées

Les petites bêtes rouges souvent observées sur les balcons ne sont pas des araignées, malgré leur apparence et leur nom commun. Il s'agit en réalité de tétranyques, plus précisément de Tetranychus urticae, un type d'acarien. Les acariens sont des arthropodes, comme les araignées, mais ils appartiennent à un groupe différent : les arachnides regroupent à la fois les araignées et les acariens, mais ces derniers sont bien plus petits (moins de 1 mm) et ont un corps en deux parties distinctes, contrairement aux araignées qui en ont trois. Leur taille minuscule et leur couleur rouge vif les rendent visibles en été, surtout sur les plantes d'intérieur ou de balcon.

Un régime végétarien

Les tétranyques rouges se nourrissent principalement de la sève des plantes. Ils piquent les feuilles pour en extraire les nutriments, ce qui peut affaiblir les plantes et provoquer l'apparition de petites taches jaunes ou blanches. Contrairement aux idées reçues, ces acariens ne chassent pas d'autres insectes : leur alimentation est strictement végétale. Leur présence est donc un indicateur de la santé des plantes, car ils prospèrent sur des végétaux déjà fragilisés ou stressés par des conditions environnementales défavorables, comme un manque d'eau ou une exposition excessive au soleil.

Pourquoi sont-elles rouges ?

La couleur rouge des tétranyques est due à des pigments spécifiques qu'ils produisent pour se protéger des rayons ultraviolets du soleil. Ces pigments, appelés caroténoïdes, jouent également un rôle dans leur résistance aux variations de température. La couleur peut varier selon l'âge de l'acarien ou son stade de développement. Cette pigmentation est aussi un signal d'avertissement pour les prédateurs potentiels, les dissuadant de s'en approcher. En été, lorsque l'ensoleillement est maximal, leur couleur devient plus intense.

Elles sont utiles à l'écosystème

Contrairement à ce que leur nom suggère, les tétranyques rouges ne sont pas des nuisibles à éradiquer systématiquement. Elles font partie d'un écosystème équilibré et servent de nourriture à de nombreux prédateurs naturels, comme les coccinelles, les acariens prédateurs (comme Phytoseiulus persimilis) ou les petits oiseaux. Leur présence peut donc attirer des auxiliaires du jardin qui régulent naturellement les populations de parasites. De plus, elles participent à la décomposition de la matière organique et contribuent à la biodiversité des balcons et des jardins urbains.

Quand faut-il s'en méfier ?

Bien que les tétranyques rouges ne soient pas dangereuses pour l'homme, leur prolifération peut endommager les plantes, surtout en cas d'infestation massive. Une forte densité d'acariens peut entraîner le dessèchement des feuilles et affaiblir les végétaux. Dans ce cas, il est recommandé d'agir avec précaution : un simple jet d'eau peut les éliminer mécaniquement, ou l'utilisation d'un savon insecticide naturel (à base de savon noir ou de purin d'ortie) peut être efficace. Les pesticides chimiques sont à éviter, car ils tuent aussi leurs prédateurs naturels et perturbent l'équilibre écologique.

Ce que ça pourrait changer

Pour limiter la présence des tétranyques rouges, il est conseillé de maintenir les plantes en bonne santé en évitant les excès d'engrais azotés, qui les rendent plus attractives. Une humidité régulière du feuillage et un arrosage au pied des plantes plutôt qu'en surface réduisent leur prolifération. Les balcons exposés au sud ou à l'ouest sont plus sensibles à leur apparition en raison de la chaleur et de la sécheresse. Enfin, favoriser la présence de plantes répulsives comme la lavande, le basilic ou la menthe peut aider à les éloigner naturellement.

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