La Faculté des sciences de la santé de l’UQAM voit l’avenir d’un bon œil
L’établissement formera d’ici deux ans des infirmières et des ostéopathes. Et peut-être aussi des médecins..
L’UQAM, université montréalaise, s’apprête à lancer deux nouveaux programmes en santé d’ici 2028. Le premier est un DEC-BAC en sciences infirmières, conçu en partenariat avec les cégeps (collèges d’enseignement général et professionnel). Ce parcours permet d’obtenir un diplôme collégial (DEC) suivi d’un baccalauréat universitaire (BAC) en 5 ans au lieu de 7 ans séparément. Le programme doit encore obtenir des approbations, notamment du Bureau de coopération interuniversitaire et du gouvernement du Québec. Le second programme concerne l’ostéopathie, avec des formations complètes de baccalauréat et de maîtrise, après des microprogrammes lancés en 2024. Stéphane Pallage, recteur de l’UQAM, qualifie cette initiative de « petite révolution » à la frontière entre soins et prévention. Ces projets visent à répondre aux besoins croissants en personnel soignant.
L’UQAM ambitionne également de former des médecins de famille, un projet soutenu par le réseau de l’Université du Québec (UQ), qui regroupe 10 établissements. L’objectif est de former 200 médecins de famille par an à partir de 2028, alors que le Québec ne compte actuellement que quatre facultés de médecine, toutes hors du réseau UQ. Stéphane Pallage souligne que ce projet pourrait se concrétiser rapidement, comme il l’a fait au Luxembourg où il a dirigé une université. Il critique l’opposition des facultés existantes, qu’il juge « triste » et injustifiée, car selon lui, ces établissements sont complémentaires. Le gouvernement du Québec a déjà investi 2 millions d’euros en juillet 2024 et s’est engagé à ajouter 20 millions d’euros si la Coalition avenir Québec (CAQ) est réélue. L’UQAM souhaite jouer un rôle clé dans l’est de Montréal, une zone qualifiée de « désert médical » où l’espérance de vie est inférieure à la moyenne.
L’UQAM fait face à une chute marquée du nombre d’étudiants internationaux, avec une baisse de 25 % en 2025 par rapport à 2024, puis de 34 % en 2026, soit une diminution totale de 59 % sur deux ans. Stéphane Pallage qualifie cette baisse de « colossale » et l’attribue en partie à l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui facilitait l’accès aux études pour les étudiants étrangers. Même si le PEQ a été rouvert pour deux ans, ses effets négatifs sur la réputation du Québec à l’international persistent. Cette situation aggrave les difficultés financières de l’UQAM, déjà en situation de « sous-financement chronique ». Le recteur estime que l’université a besoin de 50 millions d’euros supplémentaires par an pour fonctionner à niveau égal avec les autres universités québécoises.
Le sous-financement chronique de l’UQAM limite ses ambitions, malgré ses projets ambitieux. Stéphane Pallage souligne que l’université reçoit en moyenne moins de fonds par étudiant que les autres établissements québécois. Il demande aux partis politiques de s’engager à des « gestes forts » pour inverser la tendance, notamment en augmentant les budgets alloués. Il critique le manque d’attention portée à l’enseignement supérieur dans la campagne électorale provinciale, qu’il juge « triste » et « dangereux pour la nation québécoise ». Cependant, il se réjouit de l’engagement de la CAQ à investir 20 millions d’euros dans le projet de médecine familiale de l’UQ, en plus des 2 millions déjà accordés. Ces fonds pourraient accélérer la mise en place des nouveaux programmes.

