Une publicité électorale républicaine en Ohio soulève un tollé
La publicité met en scène la mère de la démocrate Amy Acton, qui exhorte à ne pas voter pour sa fille..
L'article relate une polémique entourant une publicité électorale diffusée dans l'État de l'Ohio, aux États-Unis, dans le cadre de la campagne pour le poste de gouverneur. Cet État est traditionnellement favorable aux candidats républicains : en 2022, le gouverneur sortant Mike Devine, républicain, avait remporté l'élection avec une avance de 25 points sur sa rivale démocrate. Les élections de mi-mandat de 2026, dont il est question ici, se déroulent 13 jours après la publication de l'article. Selon les sondages compilés par le site Silver Bulletin, la candidate démocrate Amy Acton devance son adversaire républicain Vivek Ramaswamy de presque 5 points dans les intentions de vote, malgré le contexte politique local favorable aux républicains.
La publicité controversée, d'une durée d'une minute, met en scène Donna Arthur, la mère biologique d'Amy Acton, candidate démocrate. Dans ce message, elle affirme que sa fille est une menteuse et qu'elle a besoin d'aide, l'appelant à ne pas voter pour elle. La publicité omet cependant de préciser que Donna Arthur n'a plus eu de contact avec sa fille depuis des décennies, après que cette dernière a été retirée de son foyer en 1978. À cette époque, le beau-père d'Amy Acton, Cledith Arthur, avait été inculpé pour viol sur sa belle-fille entre 1976 et 1978. Après avoir plaidé non coupable et été libéré sous caution, il avait fui l'Ohio avec sa femme pour éviter son procès. Amy Acton a depuis témoigné publiquement de son enfance difficile, affirmant avoir été victime d'abus sexuels pendant cette période.
La candidate démocrate Amy Acton a vivement condamné la tactique de Vivek Ramaswamy, qualifiant la publicité de manipulation politique. Elle a révélé que les agressions subies entre 1976 et 1978 avaient été commises par le mari de sa mère biologique, et que cette dernière n'avait rien fait pour la protéger. Son frère, Phillip Stearns, a accusé Ramaswamy de s'abaisser à un niveau méprisable en instrumentalisant son passé de victime. Plusieurs figures politiques, y compris des républicains comme Nikki Haley et Meghan McCain, ont critiqué la publicité, la qualifiant d'odieuse ou de honteuse. Le quotidien local The Columbus Dispatch a même recommandé l'élection d'Amy Acton dans un éditorial, jugeant la manœuvre inacceptable. Le candidat libertarien Don Kissick a également dénoncé l'utilisation du passé de victime d'Amy Acton à des fins politiques.
Vivek Ramaswamy, candidat républicain et soutenu par l'ancien président Donald Trump, a d'abord laissé sa campagne nier être à l'origine de la publicité avant de l'assumer publiquement. Son équipe a déclaré que la vidéo ferait l'objet d'une campagne publicitaire télévisée d'un budget de 4 millions de dollars. Ramaswamy a justifié son attaque en affirmant qu'Amy Acton était une fabulatrice en série et que le public devait être conscient de ses problèmes avec la vérité avant de voter pour elle. Il avait précédemment présenté l'élection comme un choix entre sa vision positive pour l'Ohio et celle d'une candidate qui ne ferait que se plaindre de son passé. Cette stratégie s'inscrit dans un contexte où les attaques personnelles ont été fréquentes lors des élections américaines de mi-mandat de 2026.
Le vice-président américain J.D. Vance, ancien sénateur de l'Ohio, a minimisé la controverse en déclarant que ce qui comptait était de savoir qui gouvernerait l'État, et non si la publicité était appropriée. Il a critiqué les républicains qui se plaignaient davantage de cette publicité que des actions des démocrates au Congrès. Lors d'un rassemblement, il a également sous-entendu qu'Amy Acton avait un problème d'alcool, sans fournir de preuves. En revanche, le sénateur sortant Jon Husted, républicain, a déclaré qu'il n'aurait pas diffusé cette publicité. Le sénateur démocrate Sherrod Brown a quant à lui qualifié la publicité de dégoûtante et appelé à sa condamnation. Donald Trump Jr. et la commentatrice Laura Loomer, figures républicaines, ont partagé la vidéo sur les réseaux sociaux.
Cette polémique illustre les tensions croissantes autour des stratégies électorales aux États-Unis, où les attaques personnelles et les attaques ad hominem deviennent de plus en plus fréquentes. L'instrumentalisation du passé traumatique d'une candidate soulève des questions éthiques sur les limites de la communication politique. Le quotidien *The Columbus Dispatch* a souligné que les violences sexuelles contre les enfants ne devraient jamais être utilisées à des fins politiques, rappelant que ces sujets doivent être traités avec la plus grande prudence. La publicité de Ramaswamy pourrait avoir des répercussions sur son image et ses chances de victoire, alors que les sondages lui donnent un retard de 5 points dans un État traditionnellement républicain.

