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Généraliste

À Limoilou, une mère congolaise et son fils sont au bord de l’expulsion

Le Devoir · mis à jour 25 sept.

En l’absence d’un moratoire, la famille, soutenue par sa communauté de Québec, serait expulsée dans moins de 24 heures..

Contexte familial

Angélique, une mère congolaise vivant à Limoilou (Québec), et son fils de 7 ans risquent d’être expulsés vers le Congo-Brazzaville le 26 septembre 2026. Cette famille a fui le Congo après la disparition du mari d’Angélique, un proche collaborateur d’un ministre, craignant pour leur sécurité. Leur demande d’asile, déposée en 2023, a été rejetée en première instance puis en appel. Malgré le soutien d’une communauté locale, notamment l’école Saint-Fidèle où étudie l’enfant, leur situation reste précaire. Angélique, qui travaille dans l’entretien ménager d’un hôpital, décrit un stress intense : elle ne dort plus et souffre de maux de tête, tandis que son fils, angoissé, a demandé à ses amis de lui faire leurs adieux avant son départ forcé.

Décision judiciaire

Le 23 septembre 2026, la Cour fédérale a rejeté la demande de report d’expulsion de la famille, estimant que les preuves de menaces sur leur vie au Congo-Brazzaville n’étaient pas suffisantes. Cette décision intervient malgré les mobilisations de la communauté locale et les médias qui ont relayé leur histoire. Le juge a justifié son refus en soulignant que la famille n’avait pas démontré un risque concret et immédiat. Cette situation illustre la difficulté pour les demandeurs d’asile de prouver leur vulnérabilité une fois leurs recours épuisés, même dans des contextes où leur sécurité est en jeu.

Urgence et délais

La famille n’a été informée que vers la fin août 2026 de la date d’expulsion fixée au 26 septembre, soit environ un mois avant le départ forcé. Angélique critique cette précipitation, soulignant que les familles devraient disposer de plus de temps pour se préparer, surtout en pleine année scolaire. Elle évoque également l’absence de soutien concret de la part des autorités, malgré les mobilisations citoyennes. Cette accélération des procédures d’expulsion est un phénomène récent, selon les avocats en immigration, qui observent une tendance à traiter en priorité les cas jugés « faciles » par le gouvernement fédéral.

Rôle des communautés

Une communauté de parents de l’école Saint-Fidèle à Limoilou s’est mobilisée pour soutenir Angélique et son fils, organisant des manifestations et attirant l’attention des médias. Émilie Bevan, une mère de cette communauté, espère encore un sursis et plaide pour l’instauration d’un moratoire sur les expulsions vers le Congo-Brazzaville. Elle souligne l’absurdité de la situation : alors que le Canada refuse d’expulser des personnes vers la République démocratique du Congo (RDC) en raison de l’épidémie d’Ebola, des renvois vers Brazzaville, située de l’autre côté du fleuve Congo, sont toujours effectués. Pour elle, cette distinction géographique est difficile à comprendre.

Politique d’expulsion

Gabrielle Thiboutot, coprésidente de l’Association québécoise des avocats et avocates en immigration, explique que le gouvernement fédéral accélère les procédures d’expulsion, notamment pour les cas jugés « faciles » (low hanging fruits), comme ceux où le passeport du demandeur est expiré. Dans ces situations, les démarches pour obtenir des documents de voyage auprès du pays d’origine sont longues et complexes, ce qui retarde parfois l’expulsion. Elle souligne que les décisions de moratoire sur les expulsions vers certains pays relèvent uniquement du gouvernement, et que les avocats en immigration font face à des situations de plus en plus difficiles, tant sur le plan juridique que humain.

Ce que ça pourrait changer

Le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, et la ministre de l’Immigration, Lena Metlege Diab, n’ont pas commenté directement le cas d’Angélique. Leur cabinet a indiqué que les décisions d’expulsion sont prises une fois tous les recours épuisés et ne sont pas prises à la légère. Concernant l’épidémie d’Ebola en RDC, le ministère de l’Immigration affirme suivre la situation et adaptera ses décisions en conséquence. Les interventions ministérielles restent exceptionnelles dans ce type de dossiers, ce qui limite les possibilités de sursis pour les familles concernées.

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