NapseflowNapseflow
Sciences

Après SpaceX et Blue Origin, la Chine réussit à son tour à récupérer une fusée réutilisable grâce à un filet depuis une plateforme en mer

Science & Vie · mis à jour il y a 21 j

Quatre crochets et un filet de câbles ont suffi pour capturer le booster chinois Long March 10B en pleine mer. Un exploit que seuls les Américains avaient réussi jusqu'ici.

Succès chinois en récupération

La Chine a réussi une première mondiale en récupérant une fusée réutilisable à l’aide d’un filet, déployé depuis une plateforme en mer. Cette prouesse technique s’inscrit dans la course à l’espace entre les grandes nations, après les États-Unis qui avaient déjà accompli des exploits similaires avec SpaceX et Blue Origin. Une fusée réutilisable désigne un lanceur spatial conçu pour effectuer plusieurs missions, réduisant ainsi les coûts de lancement. Contrairement aux fusées classiques, jetées après usage, ces modèles atterrissent en douceur pour être réutilisés. Le filet, tendu sur une plateforme flottante, permet de capturer la fusée lors de son retour sur Terre, évitant les dommages liés à un atterrissage brutal. Cette méthode est particulièrement adaptée aux zones maritimes, où les risques pour les populations sont nuls. La Chine a ainsi démontré sa capacité à innover dans un domaine stratégique, tout en maîtrisant les technologies de récupération en mer, un environnement plus complexe que le sol ferme.

Acteurs et enjeux spatiaux

Les principaux acteurs de cette avancée sont la Chine, représentée par son agence spatiale nationale (CNSA), et les entreprises américaines SpaceX (fondée par Elon Musk) et Blue Origin (créée par Jeff Bezos). Ces organisations rivalisent pour réduire les coûts d’accès à l’espace, un secteur en pleine expansion. La récupération des fusées est un levier économique majeur : elle permet de diviser par dix ou plus les dépenses liées à chaque lancement. Par exemple, une fusée classique coûte entre 60 et 100 millions de dollars, tandis qu’une version réutilisable pourrait ramener ce coût à quelques millions. La Chine, qui investit massivement dans son programme spatial, cherche à rattraper son retard sur les États-Unis. En 2024, elle a multiplié les missions vers la Lune et Mars, tout en développant des technologies de pointe comme celle-ci. Cette réussite renforce sa position dans la compétition spatiale mondiale, où les enjeux sont à la fois scientifiques, économiques et géopolitiques.

Technologie et défis techniques

La récupération d’une fusée en mer repose sur une combinaison de technologies avancées. D’abord, la fusée doit être équipée de systèmes de guidage précis pour ajuster sa trajectoire vers la plateforme flottante. Ensuite, des moteurs de freinage ralentissent sa descente, tandis que des parachutes (ou dans ce cas, un filet) assurent un atterrissage contrôlé. La plateforme en mer, souvent une barge modifiée, doit être stable malgré les vagues et les vents. La Chine a testé cette méthode avec sa fusée Longue Marche 11, un lanceur léger de 58 mètres de haut et 580 tonnes au décollage. Contrairement aux fusées américaines comme Falcon 9 de SpaceX, qui atterrissent sur des plates-formes fixes au sol, la Chine privilégie les opérations en mer pour des raisons de sécurité et de flexibilité. Cette approche permet aussi de lancer des fusées depuis des latitudes équatoriales, optimisant leur puissance. Les défis incluent la précision du filet, la résistance aux intempéries et la réutilisation rapide du lanceur pour réduire les coûts opérationnels.

Ce que ça pourrait changer

Cette innovation chinoise pourrait bouleverser le marché des lancements spatiaux, dominé jusqu’ici par les États-Unis. En réduisant les coûts, la récupération des fusées ouvre la voie à de nouvelles applications commerciales, comme le tourisme spatial, l’envoi de satellites en masse ou même des missions habitées vers la Lune. Par exemple, *SpaceX* a déjà divisé par trois le prix d’un lancement grâce à sa fusée *Falcon 9* réutilisable, passant de 60 millions à 20 millions de dollars par mission. La Chine, avec sa technologie de filet en mer, pourrait proposer des tarifs encore plus compétitifs, attirant ainsi des clients internationaux. De plus, cette avancée renforce l’autonomie spatiale de la Chine, qui vise à devenir une puissance majeure d’ici 2030. Elle réduit aussi sa dépendance envers les lanceurs étrangers pour ses propres missions, comme l’envoi de satellites ou l’exploration lunaire. Enfin, cette réussite pourrait inciter d’autres pays, comme l’Europe ou l’Inde, à accélérer leurs propres programmes de fusées réutilisables.

Sujets complémentaires