Réponses aux 8 fake news les plus répandues sur la mobilisation du 17 octobre
Face à la colère sociale et au fiasco du « maintien de l’ordre », les fake news circulent à vitesse grand V et attisent les divisions. De l’« ultra-gauche » à LFI en passant par les « islamistes », tous les boucs émissaires semblent être bons à prendre pour ce gouvernement qui enchaîne les mensonges pour se défausser, bien aidé par […].
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a affirmé le 17 octobre 2026 que le dispositif policier n’était pas sous-dimensionné pour gérer les manifestations. Pourtant, des sources ministérielles ont reconnu le lendemain dans Mediapart une « sous-estimation totale du mouvement de la part du renseignement ». Le 19 octobre, Laurent Nuñez a présenté sa démission (refusée par Emmanuel Macron) et reconnu que le dispositif était en « asymétrie par rapport au volume de participants », admettant un manque d’anticipation. Gérald Darmanin, garde des Sceaux, a également évoqué un « défaut dans les renseignements » et souligné que « on ne fait pas de bonne police sans bon renseignement ». Le gouvernement a mobilisé moins de forces de l’ordre pour cette mobilisation que pour la venue du Pape en France.
La préfecture des Bouches-du-Rhône a avancé le chiffre de 30 000 pilleurs, dont 8 000 émeutiers, à Marseille lors des manifestations des 17 et 18 octobre 2026. Ce chiffre a été relayé par plusieurs médias comme Le Parisien ou France 24. Cependant, le maire de Marseille Benoît Payan a qualifié cette estimation de « ridicule », précisant que « 30 000 personnes, c’est la moitié du stade Vélodrome ». La mairie évoque plutôt entre 1 000 et 1 500 pilleurs, un chiffre déjà jugé « énorme » par une source policière. Cette surestimation est perçue comme une tentative de justifier l’échec du maintien de l’ordre.
Emmanuel Macron a accusé le 18 octobre 2026 des « factieux de groupuscules d’ultra-gauche » d’être responsables des violences lors des manifestations. Cette affirmation a été reprise par des membres du gouvernement comme Laurent Nuñez ou Sébastien Lecornu. Cependant, la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a indiqué le 19 octobre sur TF1 qu’elle ne pouvait « absolument pas confirmer » que les auteurs des violences étaient politisés vers l’ultra-gauche. Un préfet interrogé par Mediapart a précisé qu’il y avait des activistes d’ultra-gauche, mais qu’ils n’étaient pas majoritaires, et que « les casseurs, ça reste des gosses ». Libération a également relevé la présence de groupuscules nationalistes parmi les manifestants.
La France insoumise (LFI) a été désignée comme responsable des violences par plusieurs membres du gouvernement, dont Sébastien Lecornu, qui a accusé le parti d’avoir un « agenda de violence ». Certains, comme le président du Sénat Gérard Larcher, ont même évoqué une possible interdiction de LFI. Pourtant, une enquête de Mediapart publiée le 20 octobre révèle qu’un commissaire du renseignement territorial a été sollicité pour écrire que LFI était derrière le mouvement, alors que « c’est objectivement faux de l’avis général des RT ». Un responsable syndical de police a également contesté ces accusations, soulignant qu’il ne voyait « pas ce qu’a à voir LFI dans l’histoire de ce fiasco ».
Le 19 octobre 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré sur BFMTV qu’il n’y avait « pas eu de personne tuée » lors des manifestations du 17 octobre, qualifiant cela de « miracle ». Pourtant, au moment de cette déclaration, au moins deux décès étaient déjà confirmés. Le Parisien a rapporté le 18 octobre la mort d’un manifestant victime d’un malaise sur le boulevard Magenta à Paris. Le 19 octobre, un homme de 48 ans est décédé dans la nuit de dimanche à lundi dans le quartier de Châtelet, dans une zone concernée par les mouvements. Le Parquet de Paris a ouvert des enquêtes pour élucider les causes exactes de ces décès et leur lien éventuel avec les manifestations.
Une information relayée par la journaliste Lara Tchekov sur CNews le 18 octobre 2026 affirmait que des kalachnikovs et des pistolets-mitrailleurs Scorpion avaient été retrouvés entre les mains d’émeutiers proches de la mouvance islamiste, selon la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure). Cette « révélation » a été reprise par des personnalités comme Éric Zemmour ou Bruno Pomart, ancien policier du RAID, qui a qualifié les manifestants de « révolutionnaires d’Allah ». Cependant, la DGSI a démenti cette information le 19 octobre, précisant que « c’est complètement faux » et que la source n’avait pas été consultée sur ce sujet.
Le journaliste Paul Amar a affirmé sur CNews le 18 octobre 2026 que les manifestants du 17 octobre avaient ciblé spécifiquement les commerces juifs à Marseille, incendiant « tous les commerces détenus par des juifs » dans une rue, tandis que ceux tenus par des musulmans ne l’auraient pas été. Cette déclaration a été relayée par des personnalités comme Florence Bergeaud-Blackler ou Gilbert Collard. Cependant, Libération a démenti cette information le 19 octobre, citant le Service de protection de la communauté juive qui a indiqué qu’aucun élément ne permettait d’établir un ciblage lié à la confession des exploitants des commerces dégradés.
Face au fiasco du maintien de l’ordre lors des manifestations du 17 octobre 2026, le gouvernement a multiplié les accusations contre des boucs émissaires (ultra-gauche, LFI, islamistes) plutôt que d’évoquer les causes profondes des violences. Cette stratégie, qualifiée de « défausse », a été analysée par *Bon Pote* comme une tentative de détourner l’attention des défaillances des services de renseignement et de la sous-estimation du mouvement. Les médias, selon l’article, ont parfois relayé ces accusations sans vérification, contribuant à attiser les divisions plutôt qu’à éclairer les causes réelles des événements.

