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Viol collectif allégué : l’Université Cornell suspend les fêtes dans les « fraternités »

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 1 j

La police d'État se voit aussi confier un rôle dans les enquêtes sur les signalements d'agressions sexuelles..

Mesures radicales de Cornell

L’Université Cornell, située à Ithaca dans l’État de New York aux États-Unis, a pris des mesures exceptionnelles le 13 octobre 2026 pour répondre à une allégation de viol collectif impliquant une fraternité (association étudiante masculine). Le président de l’université, Michael Kotlikoff, a annoncé la suspension immédiate de toutes les fêtes et événements sociaux organisés dans les locaux des fraternités affiliées au conseil interfraternités jusqu’à la fin de l’année universitaire 2026-2027. Cette décision s’accompagne d’une nouvelle politique de tolérance zéro : toute infraction entraînera la suspension immédiate et urgente de la section concernée. L’objectif est de permettre un examen approfondi de la culture des fraternités pour évaluer leur fonctionnement sécuritaire. Cornell compte plus de 20 fraternités actives, mais on ignore si les restrictions s’appliqueront aussi aux fêtes organisées en dehors des locaux universitaires.

Réforme des enquêtes criminelles

Pour renforcer la lutte contre les agressions sexuelles, Cornell a décidé de confier les enquêtes sur les signalements d’infractions sexuelles à la police d’État de New York, un organisme indépendant de l’université. Jusqu’à présent, ces enquêtes étaient menées par la police du campus, une unité dotée de pouvoirs policiers mais placée sous l’autorité de l’université. Cette réforme vise à garantir une impartialité accrue dans le traitement des plaintes. Par ailleurs, l’université a annoncé la création d’un poste dédié au Bureau des droits civils pour accompagner les victimes dans leurs démarches et faciliter leur collaboration avec les enquêteurs. L’établissement a également prévu d’investir des fonds pour développer des alternatives sociales sûres aux fêtes des fraternités, en collaboration avec les étudiants et des experts.

Affaire de viol collectif

En septembre 2026, une jeune femme a déposé une plainte pour viol collectif allégué survenu en octobre 2024 lors d’une fête organisée dans la maison de la fraternité Chi Phi. Selon sa déclaration, elle aurait été droguée à son insu, puis agressée sexuellement par plusieurs membres de l’association alors qu’elle était incapable de réagir. Elle affirme aussi que des messages la décrivant comme sexuellement disponible avaient circulé sur Snapchat parmi les membres, sans son consentement. À la suite de cette plainte, Cornell a fermé la section de la fraternité et sanctionné plusieurs étudiants, mais aucune poursuite pénale n’a été engagée. Les sept hommes impliqués ont nié les faits, soit en affirmant que les rapports étaient consensuels, soit en contestant leur implication.

Enquêtes externes et mobilisation

Face à la polémique suscitée par sa gestion de l’affaire, Cornell a fait appel à des experts indépendants pour évaluer sa réponse. L’université a engagé Sally Yates, ancienne procureure générale adjointe des États-Unis, pour mener un examen indépendant. Parallèlement, la procureure générale de l’État de New York, Letitia James, a lancé sa propre enquête. Sur le campus, des manifestations ont eu lieu en octobre 2026 pour dénoncer la manière dont l’université a traité les allégations, avec des étudiants brandissant des pancartes de soutien à la victime, surnommée Jane Doe. Par ailleurs, des professeurs ont voté une motion de défiance contre la direction de l’université, reflétant l’indignation générale.

Ce que ça pourrait changer

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de prise de conscience aux États-Unis sur la gestion des violences sexuelles dans les universités. La gouverneure de l’État de New York a déjà promis de réformer la loi sur les victimes de viol, en réponse aux lacunes mises en lumière par des affaires similaires, dont celle de Cornell. Ces réformes pourraient inclure des mesures pour renforcer la protection des victimes et la transparence des enquêtes. L’université, quant à elle, espère que ces mesures d’urgence permettront de restaurer la confiance des étudiants et du public, tout en repensant la culture des *fraternités*, souvent pointées du doigt pour leur rôle dans les comportements à risque.

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