Les requins ne sont pas les monstres que l’on croit
Tout le monde a peur des requins, pourtant ils n’attaquent que rarement les humains. Quelques-uns se nourrissent même exclusivement de plancton.
Contrairement aux idées reçues, les requins ne représentent pas un danger majeur pour les humains. Sur une période de 126 ans, le Global Shark Attack File a recensé 6 520 attaques de requins dans le monde, tandis que l’International Shark Attack File, qui se concentre uniquement sur les attaques non provoquées (c’est-à-dire sans provocation humaine directe et dans l’environnement naturel de l’animal), en a comptabilisé 3 103 depuis 1580. Ces chiffres montrent que les attaques sont rares. Par exemple, en 2025, seulement 9 décès dus à des requins ont été enregistrés à l’échelle mondiale. À titre de comparaison, les moustiques tuent bien plus de personnes chaque année, non pas directement, mais en transmettant des maladies comme le paludisme, la dengue ou la fièvre du Nil occidental. Cette comparaison souligne que les risques liés aux requins sont souvent surestimés par rapport à d’autres dangers plus fréquents.
Les attaques de requins surviennent principalement lorsque l’homme empiète sur leur habitat naturel ou les attire involontairement. Selon Die Zeit, les requins sont souvent poussés à mordre en raison de la présence humaine massive dans leurs zones de vie, comme les plages ou les eaux côtières. Ils peuvent aussi être attirés par des restes de nourriture ou des appâts utilisés par les touristes, notamment lors de la pêche ou de la plongée. Ces situations expliquent pourquoi la majorité des incidents ont lieu dans des zones où les activités humaines sont intenses. Il est important de noter que ces attaques ne sont pas toujours mortelles et que la plupart des morsures sont des erreurs de reconnaissance, le requin confondant parfois un humain avec une proie.
Parmi les plus de 500 espèces de requins répertoriées, seules quelques-unes sont considérées comme potentiellement dangereuses pour l’homme. Die Zeit met en avant trois espèces principalement responsables des attaques : le grand requin blanc, le requin tigre et le requin bouledogue. Ces trois espèces sont responsables de la majorité des incidents enregistrés. Cependant, il est crucial de souligner que la plupart des requins ne sont pas des prédateurs de l’homme. En effet, certaines espèces, comme le requin baleine ou le requin pèlerin, se nourrissent exclusivement de plancton et ne représentent aucun danger pour les humains. Cette diversité d’alimentation montre que les requins ont des comportements et des régimes alimentaires très variés.
Les données utilisées dans cet article proviennent de deux sources principales : le Global Shark Attack File et l’International Shark Attack File. Le Global Shark Attack File recense toutes les attaques de requins signalées dans le monde, sans distinction de contexte. L’International Shark Attack File, quant à lui, se concentre uniquement sur les attaques dites « non provoquées », c’est-à-dire celles où l’homme n’a pas excité, attiré ou agressé l’animal avant l’incident, et où celui-ci s’est produit dans l’environnement naturel du requin. Ces deux bases de données sont des références pour les chercheurs et les experts en biologie marine, permettant d’analyser les tendances et les risques liés aux interactions entre les requins et les humains.
L’article est une traduction et une adaptation d’une infographie publiée par l’hebdomadaire allemand *Die Zeit* dans son édition du 27 août 2026. Fondé en 1946 par la force d’occupation britannique à Hambourg, *Die Zeit* est un journal d’information et d’analyse politique réputé pour son exigence éditoriale et son iconographie soignée. Le journal appartient au groupe Holtzbrinck et est publié tous les jeudis. Son édition en ligne, *Zeit Online*, est basée à Berlin et dispose de sa propre rédaction. Cet article illustre comment un média étranger peut apporter un éclairage différent sur un sujet souvent traité de manière sensationnaliste dans d’autres pays.

