Égalité femmes-hommes au Japon : l’arrivée de Sanae Takaichi au pouvoir n’a rien changé
Bien qu’elle promeuve certaines mesures pour les droits des femmes, la Première ministre Sanae Takaichi manque de volonté politique vis-à-vis des questions d’inégalité entre les sexes, déplore la presse japonaise, qui constate amèrement que l’archipel est toujours aussi mal classé dans le dernier classement du Forum économique mondial sur le sujet..
Le Japon occupe la 117e place sur 145 pays dans le dernier classement du Forum économique mondial (FEM) sur l'égalité femmes-hommes, publié le 16 septembre 2026. Ce résultat, bien qu'amélioré par rapport à 2025 où le pays était 118e, reste très préoccupant. Le Japon est le pire pays du G7 (groupe des sept grandes puissances économiques) et le troisième pire en Asie-Pacifique. Les médias japonais, comme la chaîne Nippon TV, soulignent cette situation avec amertume. Les performances du Japon varient selon les domaines : 68e pour l'éducation, 49e pour la santé, mais 119e pour l'économie et 121e pour la politique, révélant un retard structurel dans ces secteurs.
En octobre 2025, Sanae Takaichi est devenue la première femme Première ministre du Japon, un pays où la démocratie parlementaire existe depuis plus de 130 ans. Son élection à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD), parti au pouvoir, a marqué un tournant symbolique. Pourtant, malgré cette avancée, les inégalités entre les sexes persistent. Les médias japonais critiquent son manque de volonté politique pour faire évoluer la situation, malgré certaines mesures promues en faveur des droits des femmes. Son arrivée au pouvoir n'a donc pas entraîné de changement significatif dans le classement du FEM.
Le Japon se distingue particulièrement dans le domaine politique, où il occupe la 121e place mondiale. Ce score reflète la faible représentation des femmes dans les instances dirigeantes : seulement 10 % des sièges au Parlement sont occupés par des femmes, contre environ 30 % en moyenne dans les pays du G7. Les postes ministériels sont également très majoritairement occupés par des hommes. Les médias locaux soulignent que cette sous-représentation limite l'influence des femmes sur les décisions politiques et économiques, perpétuant ainsi les inégalités structurelles.
Si le Japon affiche des résultats moins catastrophiques dans les domaines de l'éducation (68e place) et de la santé (49e place), ces scores ne doivent pas masquer les disparités persistantes. Dans l'éducation, les filles réussissent souvent mieux que les garçons, mais leur accès aux postes à haute responsabilité reste limité. Concernant la santé, les femmes bénéficient d'un système médical performant, mais leur espérance de vie, bien que supérieure à celle des hommes, cache des inégalités dans l'accès aux soins spécialisés. Ces domaines montrent que les progrès sont inégaux et souvent superficiels.
Les médias japonais, comme la chaîne Nippon TV, expriment une déception marquée face à l'absence de changement sous le mandat de Sanae Takaichi. Ils soulignent que le Japon, malgré sa modernité technologique, reste ancré dans des traditions patriarcales qui freinent l'égalité réelle. Les journalistes pointent du doigt l'absence de réformes structurelles ambitieuses, malgré quelques mesures symboliques. Cette critique reflète un sentiment d'injustice et de frustration parmi la population, qui espérait des avancées significatives avec l'arrivée d'une femme à la tête du gouvernement.

