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«La robe aux histoires» : ce que s’habiller veut dire

Le Devoir · mis à jour il y a 28 j

Défense et illustration des vêtements durables par Madeleine Goubau, théoricienne de la mode..

Nouveau livre jeunesse

L’autrice Madeleine Goubau publie un album illustré pour enfants intitulé La robe aux histoires, sorti aux éditions Québec Amérique en 2026. Ce livre de 40 pages raconte l’histoire de Juliette, une jeune fille initiée par sa grand-mère à la slow fashion, un concept opposant la mode éphémère à une consommation plus durable. L’objectif est de sensibiliser les enfants, dès leur plus jeune âge, à l’importance de préserver les vêtements et de leur donner une seconde vie. L’illustratrice Nathalie Dion accompagne le texte avec des dessins doux et évocateurs. Ce projet s’inscrit dans une démarche pédagogique, où la mode n’est plus perçue comme un simple accessoire, mais comme un objet culturel porteur de souvenirs et d’histoires personnelles.

Parcours académique

Madeleine Goubau est une théoricienne de la mode, titulaire d’une maîtrise et d’un doctorat sur le sujet. Son parcours académique a débuté par une maîtrise à Londres, où elle a analysé la couverture médiatique du secteur de la mode, puis un doctorat portant sur la diplomatie par le vêtement, c’est-à-dire l’utilisation des vêtements comme outil de communication et d’influence, au même titre que la musique ou le cinéma. Après ses études, elle a enseigné à l’École supérieure de mode et travaillé comme journaliste pour des émissions comme Les éclaireurs ou Moteur de recherche. Son expertise repose sur l’idée que la mode, souvent perçue comme un sujet superficiel, mérite une analyse approfondie en raison de son impact social, économique et environnemental.

Slow fashion vs fast fashion

Madeleine Goubau distingue deux modèles opposés dans l’industrie de la mode : la slow fashion (mode lente) et la fast fashion (mode rapide). La fast fashion désigne un système où les collections sont produites et renouvelées à un rythme effréné, avec des milliers de nouveaux articles mis en ligne chaque jour par des marques comme Shein ou Temu. Ce modèle repose sur des prix extrêmement bas et une obsolescence programmée, ce qui encourage une consommation excessive et génère une importante pollution. À l’inverse, la slow fashion prône une consommation plus raisonnée, où les vêtements sont choisis pour leur durabilité et leur capacité à accompagner leur porteur sur le long terme. Goubau souligne que cette approche permet de réduire l’empreinte écologique et de créer des liens émotionnels avec les vêtements.

Rôle des médias et culture

Madeleine Goubau critique le rôle des médias dans la promotion de la fast fashion, où la mode est souvent réduite à un sujet superficiel, confiné aux magazines féminins. Elle souligne que la mode, en tant qu’objet culturel, mérite une analyse plus large, notamment pour ses enjeux environnementaux et socio-économiques. Selon elle, les médias et les acteurs culturels ont une responsabilité dans la sensibilisation du public à une consommation plus durable. Elle regrette que les scénarios inspirants manquent pour encourager les changements de comportement. Son livre La robe aux histoires s’inscrit dans cette volonté de proposer une alternative narrative, où la mode devient un vecteur de souvenirs et de valeurs positives.

Initiation par la grand-mère

Dans La robe aux histoires, l’autrice s’inspire de sa propre grand-mère belge, une femme élégante qui transmet à sa petite-fille Juliette l’importance de chérir ses vêtements. Chaque jeudi, la grand-mère et Juliette partent en sortie, et celle-ci offre à sa petite-fille un vêtement de son choix, à condition qu’elle s’engage à le porter régulièrement jusqu’à ce qu’il ne lui convienne plus. Juliette choisit une robe verte, et le livre raconte, à travers les illustrations de Nathalie Dion, les histoires et souvenirs accumulés en portant cette robe. Ce récit illustre l’idée que les vêtements peuvent devenir des témoins de moments importants de la vie, à condition de leur accorder du temps et de l’attention.

Ce que ça pourrait changer

Madeleine Goubau applique elle-même les principes de la *slow fashion* dans sa vie quotidienne. Elle possède un manteau Barbour, un cadeau de sa mère pour célébrer son doctorat, qu’elle porte chaque automne et qu’elle apprécie pour sa durabilité. Pour ses trois enfants, elle limite les achats et privilégie les vêtements résistants, souvent transmis entre cousins. Elle évite de laver excessivement les tenues pour préserver les fibres et réduire la pollution par les microplastiques. Son approche vise à montrer qu’une consommation plus durable est possible sans renoncer au style ou à l’élégance, et que chaque geste compte pour préserver l’environnement.

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