Lang Lang-Payare: de l’immense au grandiose
Un très grand concert a révélé Rafael Payare en interprète majeur de Sibelius..
Le 23 septembre 2026, l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) a organisé un concert mémorable avec le pianiste chinois Lang Lang et le chef d'orchestre Rafael Payare. Les billets pour cet événement, intitulé Retour de Lang Lang, se sont vendus rapidement, attirant à la fois les fans habituels du pianiste et les mélomanes réguliers de l'OSM. La soirée a débuté par l'Ouverture n° 2 en ré majeur d'Émilie Mayer, suivie du Concerto pour piano n° 5 de Beethoven interprété par Lang Lang, puis de la Symphonie n° 2 de Sibelius dirigée par Payare. L'article souligne que ce concert a marqué un moment fort de la saison pour l'OSM, avec une affluence record et une prestation remarquée des artistes.
Lang Lang est un pianiste mondialement reconnu pour son talent technique et son énergie scénique. Lors de ce concert, il a interprété le Concerto « Empereur » de Beethoven, une œuvre exigeante pour le soliste. L'article rappelle que ses performances sont parfois critiquées pour des excès de mise en scène, comme des coups de pied ou des claquements de talons, qualifiés de show ou de cirque par certains. Cependant, ces aspects spectaculaires ne doivent pas occulter sa maîtrise exceptionnelle : une palette sonore riche, des dynamiques nuancées, des trilles précis et une prise de risques audacieuse. Le public et les critiques s'accordent à dire que Lang Lang offre une interprétation unique, même si des débats persistent sur l'équilibre entre émotion et technique dans son jeu.
Émilie Mayer (1812-1883) est une compositrice allemande dont l'œuvre orchestrale est aujourd'hui redécouverte. Lors de ce concert, l'Ouverture n° 2 en ré majeur de Mayer a été jouée, une pièce moins connue que ses autres ouvertures mais appréciée pour son caractère martial. L'article souligne que les notes de programme de l'OSM contiennent des erreurs sur Mayer, notamment la mention erronée d'un surnom de Beethoven féminin, attribué à tort à Franz Liszt. En réalité, Liszt a proposé une aide à Mayer en 1856, mais celle-ci a refusé. De plus, Mayer devait financer elle-même l'exécution de ses œuvres, un obstacle majeur dans un milieu musical dominé par les hommes à l'époque.
La Symphonie n° 2 de Jean Sibelius (1865-1957) a clos le concert avec une interprétation dirigée par Rafael Payare. Cette œuvre, composée en 1902, est connue pour ses contrastes brutaux et sa structure dynamique. L'article décrit la direction de Payare comme intraitable, avec une lecture qui met en avant la fermeté du trait et les flux et reflux de la partition, loin des paysages enneigés souvent associés à Sibelius. Bien que l'exécution n'ait pas été parfaite en raison de la difficulté pour l'OSM de s'adapter à ce style exigeant, cette interprétation a marqué les esprits et pourrait devenir une œuvre phare du répertoire du duo Payare-OSM.
Rafael Payare, chef vénézuélien et directeur musical de l'OSM, a dirigé ce concert avec une approche rigoureuse. Il a exploré l'œuvre d'Émilie Mayer, une compositrice peu jouée, et a offert une interprétation intense de la Symphonie n° 2 de Sibelius, en insistant sur les contrastes et les tensions musicales. L'article souligne que Payare a su guider l'OSM vers une performance audacieuse, même si celle-ci a parfois bousculé les habitudes de l'orchestre. Son travail avec Lang Lang sur le Concerto pour piano n° 5 de Beethoven a également été salué pour sa cohésion et sa dynamique.
Le concert a été marqué par plusieurs moments forts : l'énergie de Lang Lang, qui a terminé sa prestation en *transe* lors d'un bis inspiré de la *Danse rituelle du feu* de Manuel de Falla, ainsi que l'interprétation puissante de la *Symphonie n° 2* de Sibelius. Cependant, l'article mentionne quelques réserves, notamment sur les *afféteries* (exagérations stylistiques) de Lang Lang dans le premier mouvement du concerto de Beethoven et sur les erreurs des notes de programme concernant Émilie Mayer. Malgré ces détails, la soirée a été globalement saluée comme un succès, avec une alchimie entre les artistes et le public.

