Promues sur Twitch et YouTube, les boissons Holy sont sans sucre, mais sont-elles vraiment saines ? Une diététicienne répond
Les boissons Holy se présentent comme des énergisants « plus sains », omniprésents chez les streamers. Pour la diététicienne Pauline Pied, ces arguments santé relèvent surtout du marketing visant les adolescents..
Les boissons Holy gagnent en popularité grâce à leur promotion sur les plateformes Twitch et YouTube, où des influenceurs les présentent comme des alternatives saines aux sodas classiques. Ces boissons, présentées comme sans sucre, séduisent notamment les jeunes publics et les consommateurs soucieux de leur santé. Leur succès repose sur une image de produit naturel et moderne, associée à une consommation responsable. Cependant, leur composition exacte et leurs effets sur la santé restent au cœur de débats, notamment parmi les professionnels de la nutrition.
Les boissons Holy se distinguent par l'absence de sucre ajouté, un argument marketing fort dans un contexte où les excès de sucre sont pointés du doigt pour leurs liens avec l'obésité, le diabète ou les caries. Cependant, elles contiennent des édulcorants artificiels, comme l'aspartame ou le sucralose, qui leur donnent un goût sucré sans calories. Ces substances, bien que réglementées, font l'objet de controverses : certaines études suggèrent qu'elles pourraient perturber le microbiote intestinal ou favoriser des envies de sucre, tandis que d'autres les jugent sûres en quantités modérées.
D'après une analyse menée par Science & Vie, les boissons Holy contiennent principalement de l'eau, des arômes naturels, des colorants (comme le caramel E150d) et des acidifiants (comme l'acide citrique). Leur teneur en caféine varie entre 30 et 80 mg par canette de 33 cl, soit l'équivalent d'un expresso. Si ces ingrédients sont autorisés par les autorités sanitaires européennes, leur combinaison et leur impact à long terme sur la santé restent peu étudiés. Par ailleurs, leur pH acide pourrait, en cas de consommation excessive, favoriser l'érosion de l'émail des dents.
Une diététicienne interrogée par Science & Vie souligne que les boissons Holy, bien que moins caloriques que les sodas traditionnels, ne sont pas pour autant des produits sains au sens strict. Elle rappelle que leur consommation doit rester occasionnelle, car elles ne fournissent aucun nutriment essentiel (vitamines, minéraux, fibres). Elle met en garde contre leur effet trompeur : leur goût sucré pourrait maintenir une dépendance au sucre, même sans apport calorique. Enfin, elle recommande de privilégier l'eau ou les infusions pour une hydratation quotidienne optimale.
En Europe, les boissons Holy sont soumises aux réglementations de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) en France. Ces organismes autorisent leur commercialisation à condition que les ingrédients et les allégations santé soient conformes aux normes. Cependant, les consommateurs doivent rester vigilants : les boissons zéro sucre ou light ne sont pas synonymes de sans risque. Il est conseillé de vérifier les étiquettes et de limiter leur consommation, surtout chez les enfants et les femmes enceintes.
Pour ceux qui cherchent à réduire leur consommation de sucre sans recourir aux édulcorants, les alternatives existent. Les eaux aromatisées maison (avec des fruits frais ou des plantes) ou les thés et infusions non sucrés sont des options simples et économiques. Les jus de fruits 100 % pur jus, bien que contenant du sucre naturel, apportent des vitamines et des antioxydants. Les boissons fermentées comme le *kombucha* (riche en probiotiques) ou les eaux gazeuses naturelles sont également plébiscitées par les nutritionnistes pour leurs bienfaits digestifs et leur absence d'additifs.

