Diesel à 1, 80 €/L
Certains conducteurs malins s’en tirent à bon compte..
En septembre 2026, les prix des carburants en France atteignent des niveaux élevés : le diesel coûte 1,80 € par litre et l’essence sans plomb 95 est à 1,74 € par litre. Ces tarifs s’inscrivent dans un contexte de hausse généralisée des prix de l’énergie, qui impacte directement le budget des automobilistes. Les données proviennent de relevés effectués début septembre 2026. Les associations de défense des automobilistes, comme la FNA (Fédération Nationale de l’Automobile) et l’association 40 millions d’automobilistes, dénoncent une fiscalité jugée excessive sur les carburants. Selon elles, l’État français profite de cette situation, tandis que les usagers et les professionnels du secteur subissent les conséquences de ces prix élevés. Cette critique s’appuie sur le fait que la France ne propose pas, contrairement à d’autres pays européens, de baisses de taxes ou de mesures d’urgence pour soulager les ménages.
Pour contourner ces prix élevés, certains automobilistes français vivant près de la frontière espagnole adoptent une stratégie simple : ils traversent la frontière pour faire le plein de carburant. Par exemple, à Perpignan, le diesel coûte 1,99 € par litre, contre 1,73 € en Espagne, soit une économie de 26 centimes par litre. Un autre exemple est donné à Argelès-sur-Mer, où le gasoil est à 2,14 € par litre en France, contre 1,95 € en Espagne, soit une différence de 19 centimes. Ces économies, bien que modestes à première vue, deviennent significatives sur un plein complet. Les conducteurs profitent également de cette occasion pour effectuer des achats en Espagne, comme des courses au Perthus, une ville frontalière. Cette pratique est particulièrement répandue dans les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, où la proximité avec l’Espagne facilite les déplacements.
La France n’est pas le seul pays confronté à des prix élevés des carburants, mais d’autres pays européens ont mis en place des mesures pour atténuer l’impact sur les consommateurs. En Espagne, un plan de 5 milliards d’euros a été adopté pour faire face à la crise énergétique. Ce plan inclut une réduction de la TVA sur les carburants, permettant une baisse pouvant aller jusqu’à 30 centimes par litre. Au Portugal, un mécanisme ajuste automatiquement les taxes sur les carburants dès que leur augmentation dépasse 10 centimes par litre. En Suède, une réduction temporaire des taxes permet une économie d’environ 9 centimes par litre. En Italie, des ajustements fiscaux visent une baisse de 25 centimes par litre. En revanche, la France n’a pas annoncé de mesures similaires à ce jour, se contentant de soutenir des secteurs spécifiques comme les transports ou les gros rouleurs.
Les associations de défense des automobilistes, comme la FNA et 40 millions d’automobilistes, critiquent vivement la politique française en matière de fiscalité sur les carburants. Dans un communiqué publié récemment, elles dénoncent un système où l’État serait le principal bénéficiaire des prix élevés, au détriment des usagers et des commerçants. Ces organisations soulignent que les mesures actuelles, comme les chèques énergie distribués par le passé, sont insuffisantes et ne répondent pas à l’urgence de la situation. Elles appellent à une réforme structurelle de la fiscalité sur les carburants, incluant une baisse des taxes ou des aides ciblées pour les ménages les plus touchés. Leur critique s’inscrit dans un contexte de colère persistante des automobilistes face à la hausse des coûts de mobilité.
Face à la crise des carburants, le gouvernement français a choisi de ne pas appliquer de baisse générale des taxes ou de distribuer des chèques énergie à l’ensemble des particuliers, comme cela avait été fait lors de crises précédentes. À la place, des mesures ciblées sont proposées pour soutenir les secteurs les plus impactés. Par exemple, des aides sont envisagées pour les professionnels des transports et les gros rouleurs, c’est-à-dire les automobilistes qui parcourent de longues distances régulièrement. Ces mesures visent à limiter l’impact de la hausse des prix sur les activités économiques dépendantes du carburant, sans pour autant soulager directement les ménages. Cette approche contraste avec celle d’autres pays européens, qui ont opté pour des baisses de taxes ou des subventions directes.

