La gouverneure générale doute que PSPP puisse abolir la monarchie au Québec
« Les gens disent beaucoup de choses pendant les campagnes électorales », a rappelé Louise Arbour, jeudi..
La gouverneure générale du Canada, Louise Arbour, a exprimé des doutes quant à la faisabilité des projets du Parti québécois (PQ) visant à abolir les symboles monarchiques au Québec. Lors d'une visite au Manitoba le 8 octobre 2026, elle a rappelé que les promesses électorales ne se réalisent pas toujours facilement, surtout dans un cadre constitutionnel strict. Elle a souligné que le Canada fonctionne selon un régime constitutionnel qui encadre strictement le fonctionnement des institutions publiques, limitant ainsi les changements radicaux. Selon elle, ces contraintes imposent des limites aux réformes, même si elles sont portées par un gouvernement élu comme celui de Paul St-Pierre Plamondon.
Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois (PQ) et premier ministre désigné d'un gouvernement minoritaire élu le 6 octobre 2026, s'est engagé à abolir les éléments monarchiques au Québec. Parmi ses propositions, on trouve la suppression du poste de lieutenant-gouverneur, représentant officiel de la couronne britannique au Québec. Ce poste est actuellement occupé par Manon Jeannotte, dont le cabinet pourrait être définancé, avec un budget de 1,3 million de dollars pour 2026-2027, réaffecté à la lutte contre l'itinérance. Le PQ souhaite aussi remplacer cette institution par une autre, indépendante de la couronne britannique. St-Pierre Plamondon a demandé un avis juridique pour vérifier la faisabilité de ces mesures.
Depuis fin 2022, une loi québécoise permet aux députés de prêter serment d'allégeance uniquement au peuple du Québec, plutôt qu'au roi Charles III. Cette loi a été utilisée par plusieurs députés, dont Paul St-Pierre Plamondon et deux autres membres du PQ, Pascal Bérubé et Joël Arseneau, ainsi que par des députés de Québec solidaire. Cependant, cette mesure est contestée par le professeur de droit Lawrence David, qui la juge inconstitutionnelle. Il a déposé une demande d'injonction pour rétablir l'obligation de prêter serment au roi avant l'assermentation des 127 députés élus, prévue dans les prochaines semaines. L'audience est fixée au 10 octobre 2026 à Montréal.
Le Canada est une monarchie constitutionnelle, ce qui signifie que le chef de l'État est un monarque (actuellement le roi Charles III), mais son rôle est largement symbolique et encadré par une constitution écrite. Cette constitution inclut des lois et des conventions constitutionnelles, comme l'obligation pour les députés de prêter serment d'allégeance à la couronne. Toute modification de ces règles doit respecter ce cadre, ce qui rend les réformes proposées par le PQ complexes à mettre en œuvre. Louise Arbour, en tant que gouverneure générale, incarne ce rôle symbolique et rappelle les limites imposées par ce système.
Le 7 octobre 2026, Paul St-Pierre Plamondon a annoncé qu'il ne souhaitait pas inviter la lieutenante-gouverneure Manon Jeannotte à la cérémonie d'ouverture de la 44e législature de l'Assemblée nationale. Cette décision s'inscrit dans sa volonté de réduire les symboles monarchiques au Québec. Parallèlement, le gouvernement minoritaire du PQ doit composer avec une opposition qui pourrait contester ses réformes. Les prochains jours seront marqués par l'assermentation des députés et la décision de la Cour supérieure du Québec sur la validité de la loi permettant le serment d'allégeance au peuple québécois.

