Qantas annonce un vol Sydney-New York sans escale pour “vaincre la tyrannie de la distance”
Avec son projet Sunrise, la compagnie aérienne australienne mise sur les vols ultra-long-courriers. Et pour ce faire, Airbus lui a spécialement conçu un avion A350 avec un réservoir supplémentaire de kérosène..
La compagnie aérienne australienne Qantas annonce le lancement en 2028 d’un vol sans escale entre Sydney et New York, couvrant une distance de 16 000 kilomètres pour une durée d’environ dix-huit heures. Ce projet s’inscrit dans le cadre de son initiative Sunrise, visant à développer des vols ultra-long-courriers. Aujourd’hui, les trajets entre ces deux villes nécessitent une ou plusieurs escales, souvent à Auckland ou Los Angeles. Qantas mise sur ces vols pour renforcer son identité historique, comme l’a souligné sa PDG Vanessa Hudson : « Vaincre la tyrannie de la distance fait partie de l’identité de Qantas depuis ses débuts. » Le premier vol Sydney-New York de l’histoire, en 1958, comptait déjà des escales aux Fidji, à Honolulu et à San Francisco.
Pour réaliser ces vols, Qantas a collaboré avec Airbus pour concevoir un avion spécifique, l’A350-1000ULR (Ultra Long Range), adapté aux trajets de plus de vingt heures. Cet appareil se distingue par un réservoir supplémentaire de 20 000 litres de kérosène, portant sa capacité totale à environ 156 000 litres. En juillet 2026, un test a permis de relier Melbourne à Toulouse en vingt-quatre heures, établissant un record mondial pour un avion de ligne commercial. Qantas a commandé 12 de ces appareils, dont le premier est attendu en avril 2027. Leur livraison coïncidera avec le retrait progressif des A380, des avions géants à quatre moteurs, dont les dix exemplaires de Qantas devraient disparaître d’ici le début des années 2030.
L’A350-1000ULR sera configuré avec 238 sièges répartis en quatre classes : 140 en économie, 40 en premium économie, 52 en business et 6 en première classe. Les billets pour Sydney-New York seront environ 20 % plus chers que ceux des vols avec escale, avec des prix estimés à plus de 25 000 euros pour un aller-retour en première classe. Les réservations pour ce trajet n’ouvriront qu’en août 2027. Qantas mise sur la demande des voyageurs américains de la côte Est, souvent réticents aux décalages horaires, pour justifier ces tarifs élevés. La liaison Sydney-Londres, déjà exploitée depuis octobre 2027, illustre cette stratégie : un siège en première classe y coûte 41 000 dollars australiens (environ 25 000 euros), contre dix fois moins en économie.
La viabilité du projet interroge, notamment face à la hausse du prix du kérosène. Vanessa Hudson, PDG de Qantas, affirme que la nouvelle flotte permettra d’augmenter les bénéfices de la compagnie de 400 millions de dollars australiens (250 millions d’euros). Elle s’appuie sur la performance de la liaison Perth-Londres, exploitée depuis huit ans, qui reste rentable malgré la flambée des coûts énergétiques. Qantas a réévalué son modèle économique et mise sur une demande forte pour les vols sans escale. Cependant, le Financial Times souligne que l’équation reste complexe, entre coûts opérationnels élevés et incertitudes économiques.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de Qantas, qui prévoit d’autres vols ultra-longs depuis Perth, bien que les liaisons depuis Brisbane ou Melbourne aient été abandonnées. La compagnie mise sur des trajets de plus de vingt heures pour capter une clientèle prête à payer pour le confort et le gain de temps. Sydney-Londres, lancé en octobre 2027, est déjà le premier vol de ce type au monde. Qantas espère ainsi renforcer sa position sur le marché des vols long-courriers, tout en modernisant sa flotte. Le retrait des A380, symboles d’une ère révolue, marque aussi cette transition vers des appareils plus économes et adaptés aux nouvelles exigences du transport aérien.

