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Géopolitique

Qu’est-ce que la prise de contrôle des côtes du détroit de Bab el-Mandeb révèle de la position américaine au Moyen-Orient ?

Le Grand Continent · mis à jour il y a 8 j

Oman accueillera demain, lundi 14 septembre, un nouveau cycle de négociations entre l’Iran et les pays du Golfe sur l’ouverture du détroit d’Ormuz L’article Qu’est-ce que la prise de contrôle des côtes du détroit de Bab el-Mandeb révèle de la position américaine au Moyen-Orient ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Conflit au Yémen

Le 11 septembre 2026, les Houthis, un groupe armé yéménite soutenu par l'Iran, ont pris le contrôle des côtes du détroit de Bab el-Mandeb. Ce détroit, situé entre le Yémen et Djibouti, est une voie maritime stratégique reliant la mer Rouge à l'océan Indien et donc au canal de Suez. La veille, les Houthis avaient endommagé des installations pétrolières saoudiennes, notamment un pipeline traversant la péninsule arabique, qui a été fermé. Ce pipeline permettait à l'Arabie saoudite d'exporter une partie de sa production pétrolière sans passer par le détroit d'Ormuz, une autre route maritime essentielle contrôlée par l'Iran. Le prix du baril de Brent a atteint 104 dollars, contre 90 dollars fin août et 60 dollars en début d'année, reflétant l'instabilité régionale.

Réaction américaine

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane (surnommé MBS), a appelé Donald Trump le 10 septembre 2026 pour demander une frappe contre les Houthis. Cependant, Trump a refusé, invoquant l'épuisement des stocks de missiles américains et la saturation des moyens militaires déployés pour faire le blocus de l'Iran. Ce refus illustre une faiblesse stratégique américaine dans la région, malgré les frappes aériennes et le déploiement naval contre l'Iran. Depuis le 28 février 2026, date du début du conflit déclenché par les États-Unis contre l'Iran, cette incapacité à soutenir ses alliés s'est confirmée, poussant l'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie à signer un pacte de défense mutuelle le 7 août 2026.

Changement politique

Entre 2015 et 2022, l'Arabie saoudite de MBS avait mené une guerre coûteuse contre les Houthis au Yémen, sans succès. Depuis 2022, elle avait adopté une politique d'apaisement, allant jusqu'à expulser en 2026 les troupes des Émirats arabes unis du Yémen, car ces dernières soutenaient des mouvements indépendantistes. Cependant, depuis août 2026, les Houthis ont repris leurs offensives militaires contre le gouvernement yéménite reconnu internationalement, entraînant à nouveau l'Arabie saoudite dans le conflit. Malgré cela, les Houthis ont réussi à prendre le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, démontrant l'incapacité de Ryad à les contenir sans soutien extérieur.

Négociations régionales

Face à cette crise, Oman a annoncé qu'il accueillerait le 14 septembre 2026 un nouveau cycle de négociations entre l'Iran et les pays du Golfe pour rouvrir le détroit d'Ormuz, une autre voie maritime cruciale. Cette initiative, menée depuis plusieurs mois, vise à trouver une solution régionale. Cependant, Donald Trump avait menacé de bombarder Oman le 17 août 2026 pour faire pression sur ce pays, qui abrite des discussions diplomatiques avec l'Iran. La prise de contrôle du détroit de Bab el-Mandeb par les Houthis relance donc la question de la sécurité maritime et de la capacité des acteurs régionaux à gérer seuls les tensions, sans dépendre des États-Unis.

Ce que ça pourrait changer

La fermeture du pipeline saoudien et la prise de contrôle du détroit de Bab el-Mandeb ont provoqué une hausse du prix du baril de Brent à 104 dollars, contre 90 dollars fin août et 60 dollars en début d'année. Cette situation aggrave les conséquences économiques déjà catastrophiques du conflit déclenché par les États-Unis contre l'Iran le 28 février 2026. Les tensions régionales, couplées à l'instabilité des routes maritimes, menacent l'approvisionnement en pétrole et pourraient avoir des répercussions mondiales sur les prix de l'énergie, déjà élevés.

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