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Géopolitique

Comment la Russie se sert de la tech occidentale pour recruter des combattants étrangers

Courrier International · mis à jour 27 sept.

Des jeunes hommes étrangers pourraient être ciblés par des campagnes de recrutement liées à la Russie, sous le couvert d’offres d’emploi ou de castings. Selon “Politico Europe”, ces opérations s’appuient sur des technologies et des infrastructures numériques américaines et européennes..

Recrutement via tech occidentale

La Russie utilise des technologies et infrastructures numériques américaines et européennes pour recruter des combattants étrangers en vue de la guerre en Ukraine. Selon une enquête de Politico Europe, basée sur un rapport du réseau Code for Africa, 89 sites web, 7 comptes sur les réseaux sociaux et 39 comptes ou canaux de messagerie ont été identifiés pour ces campagnes de recrutement. Ces outils, comme les plateformes de publicité en ligne Facebook ou Google, permettent de diffuser des offres d'emploi ou des annonces masquées en Afrique, en Europe ou ailleurs. L'objectif est de convaincre des jeunes hommes de rejoindre l'armée russe sous couvert d'opportunités professionnelles légitimes, comme des postes dans la sécurité, le cinéma ou des chantiers, ou encore des promesses de visas pour la Russie.

Stratégies de camouflage

Les campagnes de recrutement russes utilisent des méthodes sophistiquées pour tromper les candidats. Par exemple, une annonce proposait un appel à casting international pour un prétendu film nécessitant des acteurs africains, avec une image générée par intelligence artificielle (IA) montrant des hommes en uniforme et la mention tournage en 2025. Une autre campagne, liée au réseau de recrutement IRC Russian Bear, affichait un soldat noir avec des drapeaux russes sur son treillis et promettait une prime de 15 000 dollars (13 000 euros) à la signature, puis 3 000 dollars (2 600 euros) par mois. Ces offres misent sur des promesses de changement de vie pour attirer des candidats, souvent dans des pays où les opportunités économiques sont limitées.

Cibles et méthodes

Les cibles principales de ces campagnes sont des jeunes hommes étrangers, notamment en Afrique, où les réseaux sociaux et les plateformes de messagerie comme WhatsApp ou Telegram sont largement utilisés. Les annonces sont souvent publiées en anglais ou dans des langues locales pour toucher un public plus large. Les recruteurs exploitent des structures liées à des réseaux pro-russes, comme IRC Russian Bear, pour diffuser leurs messages. Une fois contactés, les candidats sont incités à se rendre en Russie, où ils sont ensuite envoyés au front en Ukraine. Ces méthodes permettent à la Russie de contourner les sanctions internationales et de recruter des combattants sans attirer l'attention des autorités occidentales.

Ce que ça pourrait changer

Cette stratégie de recrutement pose plusieurs problèmes. D'abord, elle utilise des infrastructures technologiques occidentales, comme les serveurs de *Google* ou *Meta* (maison mère de *Facebook*), pour des activités contraires à leurs politiques d'utilisation. Ensuite, elle expose les candidats à des risques graves, notamment la mort ou des blessures graves au combat, sans qu'ils aient toujours conscience de la nature réelle de leur engagement. Enfin, elle complique la lutte contre la désinformation et le recrutement de mercenaires, car les campagnes sont conçues pour paraître légitimes. Les chercheurs soulignent que ces méthodes pourraient s'étendre à d'autres conflits ou régions, posant un défi majeur pour les plateformes numériques et les gouvernements.

Sujets complémentaires

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