Le football universitaire canadien ne s’alignera pas sur les nouveaux règlements de la LCF
Les changements de dimensions des terrains dès 2027 posent notamment un défi logistique aux universités..
Le football universitaire canadien, organisé par Football Canada, ne suivra pas les nouveaux règlements de la Ligue canadienne de football (LCF) prévus pour 2027. La LCF, qui regroupe les équipes professionnelles, a annoncé des modifications majeures comme la réduction de la longueur des terrains de 110 à 100 verges (une verge équivaut à 0,9144 mètre) et le déplacement des poteaux de but. Ces changements visent à moderniser le jeu et ont été proposés par Stewart Johnston, le commissaire de la LCF. Cependant, Football Canada, l’organisme national qui encadre le football universitaire, a choisi de ne pas adopter ces nouvelles règles pour l’instant. Cette décision s’explique par des contraintes logistiques et financières, ainsi que par le fait que les deux ligues suivent des livres de règlements distincts. Le football universitaire continuera donc à jouer selon les normes actuelles, sans adaptation automatique aux évolutions de la LCF.
Les modifications prévues par la LCF ne sont pas anodines : elles entraînent des coûts importants pour les infrastructures sportives. Par exemple, le simple déplacement des poteaux de but peut coûter plusieurs milliers de dollars, selon les caractéristiques de chaque stade. Le principal défi concerne la réduction de la longueur des terrains. Sur certains terrains synthétiques, les lignes sont cousues directement dans le revêtement, ce qui rend leur modification impossible sans remplacer l’ensemble de la surface. Le coût d’un tel remplacement est estimé à environ 2 millions de dollars. Football Canada n’a pas pu déterminer combien de terrains universitaires utilisent des lignes cousues plutôt que peintes, ce qui complique encore l’évaluation des coûts. Ces contraintes financières expliquent en partie pourquoi le football universitaire ne suivra pas les changements de la LCF pour l’instant.
Certains stades au Canada sont partagés entre des équipes professionnelles de la LCF et des formations universitaires. C’est le cas du Stade Percival-Molson à Montréal, utilisé par les Alouettes de Montréal (LCF) et les Redbirds de l’Université McGill. Avec les nouvelles règles de la LCF, ce stade devrait alterner entre deux configurations : 100 verges pour les matchs professionnels et 110 verges pour les matchs universitaires. Cette situation pose un défi logistique majeur, car les lignes cousues dans le revêtement synthétique ne peuvent pas être modifiées facilement. L’Université McGill collabore avec les Alouettes pour s’assurer que les matchs respectent les normes des deux ligues. Trois autres équipes de la LCF partagent leurs installations avec des formations universitaires : les Stampeders de Calgary, les Blue Bombers de Winnipeg et les Roughriders de la Saskatchewan. À Regina, des rénovations sont déjà prévues pour adapter le terrain des Roughriders.
La LCF a précisé que les universités n’auront pas à assumer les coûts des modifications nécessaires pour accueillir ses matchs dans les stades partagés. La responsabilité financière revient aux clubs de la LCF, qui sont locataires des installations. Par exemple, les Alouettes de Montréal devront financer les adaptations du Stade Percival-Molson. Cependant, la LCF semble hésitante à appliquer ces changements en raison des problèmes logistiques qu’ils engendrent dans plusieurs stades. D’autres modifications de règles, comme la nouvelle règle des simples ou l’emplacement des bancs, ne nécessitent pas de transformations coûteuses et pourraient être adoptées plus facilement par le football universitaire. Football Canada n’a pas encore indiqué si certaines de ces règles seraient intégrées séparément des changements de dimensions des terrains.
Pour l’instant, le football professionnel et universitaire canadien continueront à jouer selon des règles et sur des terrains différents. Football Canada n’a pas exclu d’adopter certaines des nouvelles règles de la LCF à plus long terme, mais aucune décision n’a été prise concernant les changements de dimensions des terrains ou l’emplacement des poteaux. La LCF, de son côté, semble réticente à appliquer ses nouvelles règles dans les stades partagés en raison des complications qu’elles entraînent. Cette situation illustre les défis de l’harmonisation des règles entre les ligues professionnelles et universitaires, malgré une volonté commune d’évoluer. Pour l’instant, les deux ligues évolueront donc de manière indépendante, sans alignement automatique des règlements.

