Trump songe sérieusement à détruire le Kennedy Center
La reprise en main du centre culturel par le président républicain constitue un feuilleton politico-judiciaire..
Des photographies montrant Donald Trump regardant un panneau indiquant Kennedy Center demolis (démolir) ont été prises par le photographe de l’Agence France-Presse (AFP) Brendan Smialowski. Ces images, capturées mercredi soir alors que Trump atterrissait à bord de l’avion présidentiel Air Force One après un meeting en Caroline du Nord, ont circulé massivement sur les réseaux sociaux. Le milliardaire républicain, assis près d’un hublot, observait ce panneau partiellement visible, accompagné d’une image évoquant une rétrocaveuse. Ces clichés illustrent sa volonté affichée de démolir ou de fermer le Kennedy Center, un centre culturel emblématique de Washington, s’il n’obtient pas satisfaction sur ses demandes.
Le Kennedy Center est au cœur d’un conflit politico-judiciaire depuis que Donald Trump a tenté d’en prendre le contrôle. Le président républicain, qui a nommé des fidèles à sa tête, exige que son nom soit apposé sur l’édifice, une demande rejetée par la justice. Il justifie cette position en affirmant que le bâtiment est en mauvais état, évoquant des dégâts causés par l’humidité et une détérioration des infrastructures. La Maison-Blanche a déclaré que les démocrates avaient laissé le Kennedy Center se délabrer pendant des années, transformant un trésor national en bâtiment en ruine. Trump menace de le fermer définitivement si ses conditions ne sont pas remplies.
Le conseil d’administration du Kennedy Center, où Trump a placé des alliés, a voté mercredi sa fermeture immédiate, invoquant des risques en matière de sécurité. Cependant, la Maison-Blanche présente cette fermeture comme temporaire, bien que les documents judiciaires indiquent qu’elle sera réévaluée chaque semaine. Un juge fédéral, Christopher Cooper, a ordonné au gouvernement de fournir d’ici le 23 septembre un rapport détaillé sur les raisons de cette fermeture et les travaux d’urgence nécessaires. Il a également imposé un préavis de plus de trente jours avant tout projet de plus grande envergure. Les plaignants dénoncent une fermeture illégale, soulignant que le juge avait déjà suspendu une fermeture de deux ans en mai, la jugeant prématurée.
En mai, le juge Christopher Cooper avait ordonné le retrait du nom de Donald Trump de la façade du Kennedy Center et suspendu sa fermeture pour deux ans, estimant que le conseil d’administration avait agi avec manque de prudence en ne tenant pas compte des conséquences négatives. Cependant, il avait autorisé la poursuite des travaux de réparation, jugés cruciaux. La situation actuelle reste donc sous surveillance judiciaire, avec une échéance fixée au 23 septembre pour justifier la fermeture actuelle. Les plaignants, qui ont porté les photos de l’AFP devant les tribunaux, continuent de contester la légalité de cette décision.
Le Kennedy Center est un symbole culturel majeur de Washington, dédié aux arts de la scène. Fondé en 1971, il accueille des spectacles, des concerts et des événements prestigieux. Sa fermeture, même temporaire, suscite des inquiétudes quant à l’accès à la culture pour les habitants de la capitale américaine. Les travaux de réparation, jugés *nécessaires*, pourraient être compromis par ce conflit. Le débat dépasse la simple question de la gestion du bâtiment : il oppose une vision *conservatrice* de la culture, portée par Trump, à une approche plus traditionnelle, défendue par les défenseurs du centre. La programmation *pas woke* (expression utilisée par Trump pour critiquer une culture perçue comme trop progressiste) est au cœur des tensions.

