Égypte ancienne : on a de nouvelles preuves de l'existence de chambres cachées au-delà du tombeau de Toutankhamon
Une analyse géophysique menée par l'université Ain Shams du Caire suggère la présence de chambres et de couloirs inviolés jouxtant le tombeau de Toutankhamon dans la vallée des Rois..
Des scientifiques ont découvert de nouvelles preuves suggérant l'existence de chambres cachées au-delà du tombeau de Toutankhamon, pharaon égyptien mort vers 1323 av. J.-C. Ces indices proviennent d'une analyse récente utilisant des technologies modernes comme la scannerographie (technique d'imagerie médicale adaptée à l'archéologie) et l'analyse radar (méthode permettant de détecter des structures sous la surface). Ces outils ont révélé des anomalies dans les murs de la tombe, interprétées comme des espaces vides ou des passages dissimulés. Cette découverte relance l'hypothèse selon laquelle le tombeau de Toutankhamon pourrait faire partie d'un complexe funéraire plus vaste, voire être connecté à d'autres sépultures royales. Les recherches sont menées par une équipe internationale incluant des égyptologues et des spécialistes en imagerie.
Toutankhamon, surnommé le pharaon enfant car il est monté sur le trône à seulement 9 ans, a régné pendant une période de transition en Égypte ancienne, entre 1332 et 1323 av. J.-C. Son tombeau, découvert en 1922 par Howard Carter dans la Vallée des Rois (site archéologique situé près de Louxor en Égypte), est célèbre pour avoir été retrouvé presque intact, contrairement à la plupart des autres tombes royales pillées dans l'Antiquité. La présence de chambres cachées derrière sa tombe pourrait indiquer que les anciens Égyptiens ont conçu des structures funéraires complexes pour protéger les dépouilles des pharaons ou pour des raisons symboliques liées à leur vision de l'au-delà.
Les chercheurs ont utilisé des technologies non invasives pour explorer les murs du tombeau sans risquer d'endommager les structures existantes. La scannerographie (ou tomodensitométrie) permet de créer des images en 3D des parois en analysant la densité des matériaux. L'analyse radar envoie des ondes électromagnétiques dans les murs et mesure leur réflexion pour identifier des cavités ou des matériaux différents de ceux attendus. Ces méthodes ont déjà été employées avec succès dans d'autres sites archéologiques, comme la pyramide de Khéops en 2017, où des espaces vides avaient été détectés. Les données recueillies sont ensuite analysées par des algorithmes pour distinguer les anomalies naturelles des structures artificielles.
Si l'existence de ces chambres cachées est confirmée, cela pourrait bouleverser la compréhension des pratiques funéraires égyptiennes. Jusqu'à présent, les égyptologues pensaient que le tombeau de Toutankhamon était un petit mausolée isolé, construit en urgence en raison de sa mort précoce. La découverte de passages ou de salles supplémentaires suggérerait que le site était prévu pour être plus grand, ou qu'il a été modifié après sa construction initiale. Cela pourrait aussi indiquer la présence de sépultures supplémentaires, peut-être celles d'autres membres de la famille royale ou de dignitaires. Les prochaines étapes incluent des explorations plus poussées, comme des forages contrôlés ou des analyses géophysiques complémentaires.
L'annonce de ces nouvelles preuves a suscité un vif intérêt dans la communauté archéologique. Certains experts, comme le professeur Nicholas Reeves de l'Université d'Arizona, avaient déjà émis l'hypothèse en 2015 que des chambres pourraient exister derrière les murs du tombeau, en s'appuyant sur des images radar. Cependant, ces théories avaient été contestées par d'autres chercheurs. Les résultats récents, obtenus avec des technologies plus avancées, semblent renforcer cette hypothèse. Les autorités égyptiennes, comme le *Ministère des Antiquités*, ont salué ces découvertes tout en appelant à la prudence, insistant sur la nécessité de poursuivre les recherches avant de tirer des conclusions définitives.

