Un an après sa révolte, la jeunesse de Madagascar est amère : “On nous a dupés”
En septembre et octobre 2025, éclatait un vaste mouvement populaire porté par une génération Z exaspérée par leurs conditions de vie précaires. Un an après, le pouvoir militaire transitoire est toujours en place et semble bien installé.
En 2025, Madagascar a connu dix-huit jours de manifestations massives déclenchées par des coupures chroniques d’eau et d’électricité, des problèmes récurrents qui touchent la population malgache. Ces protestations ont conduit au renversement de l’ancien président Andry Rajoelina, au pouvoir depuis 2014. Le mécontentement de la population, notamment des jeunes, s’expliquait par des difficultés économiques et des services publics défaillants. Après cette révolte, l’armée malgache a pris le contrôle du pays et installé le colonel Michaël Randrianirina comme nouveau dirigeant. Cette transition s’est accompagnée d’une promesse : organiser des élections dans un délai de deux ans, soit d’ici septembre 2027. Les dates clés à retenir sont donc septembre 2025 pour le renversement de Rajoelina et septembre 2027 pour l’élection présidentielle prévue.
Un an après la révolte, la situation politique à Madagascar reste fragile. Le 19 octobre 2026, le président Michaël Randrianirina a accusé certains de ses proches collaborateurs, occupant des hautes fonctions au sein de son gouvernement, d’avoir préparé un coup d’État visant à le renverser. Ce terme désigne une tentative illégale de prendre le pouvoir par la force, souvent orchestrée par des membres de l’entourage politique ou militaire. Randrianirina a évoqué des soupçons de complot au sein même de son administration, ce qui illustre les tensions internes et les divisions au sommet de l’État. Ces accusations révèlent une instabilité persistante, malgré la promesse initiale de stabilité après la chute de Rajoelina. Le pays semble donc toujours en proie à des luttes de pouvoir, mettant en péril les efforts de transition démocratique.
Un autre enjeu majeur pour Madagascar est l’adoption d’une nouvelle constitution, un texte fondamental qui définit les règles politiques et les droits des citoyens. Ce projet devait initialement être prêt d’ici mai 2026, avant d’être soumis à un référendum, une consultation populaire où les citoyens votent pour ou contre une proposition de loi. Cependant, à ce jour, ce texte n’a toujours pas été finalisé. La nouvelle constitution est censée moderniser les institutions du pays et répondre aux attentes de la population, notamment celle de la jeunesse. Son retard soulève des questions sur la capacité du gouvernement à mener à bien les réformes promises après la révolte de 2025. Sans cette constitution, la transition politique reste incomplète et incertaine.
Un an après la révolte, la jeunesse malgache, qui avait joué un rôle clé dans le renversement de Rajoelina, exprime un profond sentiment de **trahison**. Selon un reportage de la *Süddeutsche Zeitung*, les jeunes Malgaches estiment avoir été **dupés** par les promesses de changement. Leur euphorie initiale, née de l’espoir d’une amélioration de leurs conditions de vie, s’est transformée en amertume face à la persistance des problèmes économiques et politiques. Les coupures d’eau et d’électricité, les difficultés d’accès à l’emploi et l’absence de réformes concrètes alimentent ce désenchantement. Leur slogan, *« On s’est servi de nous »*, reflète leur déception face à une transition qui semble avoir échoué à répondre à leurs attentes.

