Des éditeurs de presse canadiens poursuivent l’entreprise d’IA Anthropic
Le géant américain de l’intelligence artificielle aurait porté atteinte à leurs droits d’auteur..
Une coalition d'éditeurs de presse canadiens, incluant Postmedia, Torstar, The Globe and Mail et La Presse Canadienne, a engagé une action en justice contre l'entreprise américaine d'intelligence artificielle (IA) Anthropic devant un tribunal de l'Ontario. Cette action, déposée le 6 octobre 2026, accuse Anthropic d'avoir enfreint les droits d'auteur de ces médias en utilisant leur contenu journalistique pour entraîner son modèle d'IA nommé Claude. Les plaignants estiment que Anthropic a tiré profit commercialement de ces données sans avoir obtenu de licence ni payé de compensation, ce qui constituerait une enrichment substantiel et injustifié à leurs dépens. L'entreprise n'a pas encore réagi publiquement à ces accusations, qui n'ont pas été jugées.
Les éditeurs de presse reprochent à Anthropic d'avoir effectué du scraping (ou grattage en français), c'est-à-dire d'avoir accédé et copié massivement leurs articles publiés en ligne sans autorisation. Selon la plainte, cette pratique a permis à Anthropic de collecter des millions de textes pour développer et améliorer son modèle Claude, qui génère des réponses automatisées. Les médias canadiens affirment que cette collecte de données a été réalisée en contournant les mesures de protection technologiques mises en place sur leurs sites web, comme les restrictions d'accès ou les systèmes anti-robots. Ils soulignent que cette utilisation non autorisée de leur contenu porte atteinte à leurs droits d'auteur, protégés par la loi canadienne.
Les plaignants, qui représentent des millions de lecteurs au Canada, insistent sur le rôle central des médias dans la production d'informations fiables et de qualité. Ils rappellent que leur travail journalistique, qu'il soit imprimé ou numérique, est essentiel à la démocratie et à l'information du public. En utilisant leurs articles sans compensation, Anthropic prive ces entreprises de revenus potentiels et menace leur modèle économique déjà fragilisé. Les éditeurs estiment que cette pratique aggrave les difficultés financières du secteur, déjà confronté à la baisse des abonnements et à la concurrence des plateformes numériques. Ils demandent donc une reconnaissance légale de leurs droits et une compensation pour l'utilisation de leur contenu.
Cette action en justice s'inscrit dans un mouvement plus large de contestation des pratiques des entreprises d'IA par les créateurs de contenu. En 2024, les mêmes éditeurs, aux côtés de *CBC/Radio-Canada*, avaient déjà poursuivi *OpenAI* pour des raisons similaires, une affaire qui n'a pas encore abouti. Les médias canadiens font pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il clarifie la réglementation encadrant l'utilisation des contenus protégés par le droit d'auteur dans le développement des systèmes d'IA. À ce jour, la stratégie nationale canadienne en matière d'IA ne traite pas spécifiquement de cette question, laissant le secteur dans une zone grise juridique.

