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Environnement

L'ONU acte pour la première fois du dépassement à venir de la barre symbolique de +1, 5 °C

Reporterre · mis à jour il y a 18 j

C'est un tournant symbolique fort. Pour la première fois, une agence de l'Organisation des nations unies ( ONU ), acte de l'échec du monde à maintenir le réchauffement planétaire sous la barre des 1,5 °C depuis l'ère préindustrielle.

ONU confirme dépassement climatique

L'Organisation des Nations unies (ONU) a officiellement reconnu pour la première fois que la planète pourrait dépasser temporairement la limite de +1,5 °C de réchauffement par rapport à l'ère préindustrielle. Cette barre symbolique, fixée par l'Accord de Paris en 2015, était considérée comme un seuil critique à ne pas franchir pour éviter les conséquences les plus graves du changement climatique. Selon les scientifiques, un dépassement même temporaire de cette limite pourrait accélérer des phénomènes irréversibles comme la fonte des glaces polaires ou l'augmentation des événements météorologiques extrêmes. L'ONU s'appuie sur des projections climatiques récentes qui indiquent que cette situation pourrait survenir dès les années 2030, bien que les efforts internationaux actuels ne suffisent pas à inverser la tendance.

Responsables du réchauffement

Les émissions de gaz à effet de serre (GES), principalement le dioxyde de carbone (CO₂) et le méthane (CH₄), sont pointées du doigt comme les principales causes du réchauffement climatique. Ces gaz, rejetés en grande quantité par les activités humaines comme la combustion des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz), l'agriculture intensive ou la déforestation, piègent la chaleur dans l'atmosphère et modifient le climat. Les données de l'ONU montrent que les concentrations de CO₂ dans l'atmosphère ont atteint un niveau record en 2023, avec une augmentation de 50 % par rapport à l'ère préindustrielle. Sans réduction drastique de ces émissions, les modèles climatiques prévoient un réchauffement moyen de +2,7 °C d'ici 2100, bien au-delà de l'objectif de +1,5 °C.

Impacts déjà visibles

Les effets du changement climatique se multiplient déjà à l'échelle mondiale, avec des conséquences directes sur les populations et les écosystèmes. En 2023, l'ONU a recensé des vagues de chaleur record, des sécheresses prolongées, des inondations dévastatrices et une intensification des cyclones, notamment dans les régions tropicales. Ces phénomènes ont entraîné des pertes économiques estimées à plusieurs centaines de milliards de dollars par an, ainsi que des déplacements massifs de populations. Par exemple, en 2022, plus de 32 millions de personnes ont été touchées par des catastrophes liées au climat, selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Les scientifiques alertent sur le risque d'effondrement de certains écosystèmes, comme les récifs coralliens ou les forêts tropicales, qui jouent un rôle clé dans la régulation du climat.

Réponse internationale insuffisante

Malgré les engagements pris dans le cadre de l'Accord de Paris, les politiques climatiques actuelles des États restent insuffisantes pour limiter le réchauffement à +1,5 °C. Un rapport de l'ONU publié en 2023 souligne que les plans nationaux de réduction des émissions, appelés Contributions déterminées au niveau national (CDN), ne couvrent que 30 % des réductions nécessaires d'ici 2030. Les pays les plus pollueurs, comme la Chine, les États-Unis ou l'Inde, sont critiqués pour leur manque d'ambition dans la transition vers des énergies propres. Par ailleurs, les financements alloués aux pays en développement pour les aider à s'adapter au changement climatique restent largement insuffisants, avec un déficit estimé à 4 000 milliards de dollars par an d'ici 2030 selon le Fonds monétaire international (FMI).

Ce que ça pourrait changer

Les projections climatiques de l'ONU indiquent que même si le dépassement de +1,5 °C devient inévitable à court terme, des actions immédiates pourraient limiter la durée et l'ampleur de ce dépassement. Selon le **Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat** (GIEC), une réduction rapide des émissions de GES pourrait permettre de revenir sous la barre de +1,5 °C d'ici la fin du siècle. Cependant, cela nécessiterait des transformations majeures dans tous les secteurs économiques, notamment une sortie accélérée des énergies fossiles, une électrification massive des transports et une refonte des systèmes agricoles. Les experts soulignent que chaque dixième de degré compte : limiter le réchauffement à +1,6 °C plutôt qu'à +2 °C réduirait de moitié les risques de pertes humaines et économiques liées au climat.

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