“Nepo babies” à Hollywood : ce “recrutement incestueux” qui s’intensifie
Le phénomène des “nepo babies” – ces acteurs et actrices issus de familles déjà dans le milieu – n’est pas nouveau à Hollywood. Mais la tendance semble se renforcer, note “The Economist”.
Le terme nepo babies désigne les acteurs et actrices dont les parents, ou d’autres membres de leur famille proche, travaillent déjà dans l’industrie du cinéma à Hollywood. Ce phénomène repose sur l’idée de piston familial, où les enfants de professionnels du secteur bénéficient d’un accès privilégié aux rôles et aux opportunités professionnelles. Par exemple, Lily Collins, fille du chanteur Phil Collins, a été repérée très jeune dans ce milieu. Le terme nepo est une contraction de nepotism (népotisme en anglais), qui désigne le favoritisme accordé à des proches, souvent au détriment de la méritocratie. À Hollywood, cette pratique est particulièrement visible car les familles de stars y sont nombreuses et influentes.
Le phénomène des nepo babies n’est pas nouveau à Hollywood, mais il s’est intensifié ces dernières années. Selon The Economist, les recherches Google associées à ce terme ont été cinquante fois plus fréquentes entre 2020 et 2025 qu’au cours des vingt années précédentes. Cette tendance s’explique par plusieurs facteurs, dont la concentration du pouvoir dans certaines familles du cinéma. Par exemple, les acteurs Ethan Hawke et Uma Thurman ont vu leur fille, Maya Hawke, devenir une actrice reconnue, tandis qu’Andie MacDowell a suivi le même parcours avec sa fille, Margaret Qualley. Ces exemples illustrent comment le milieu favorise la transmission héréditaire des rôles.
Les nepo babies occupent une place centrale dans l’industrie cinématographique américaine. Une étude menée par Giggster, une plateforme de location de films, a analysé les films américains sortis entre 2000 et 2025. Parmi les quelque 4 000 acteurs de moins de 35 ans ayant joué dans ces films, une proportion significative était issue de familles déjà impliquées dans le cinéma. Maya Hawke, par exemple, a joué dans Juste pour une nuit, sorti en France en août 2026, tandis que Margaret Qualley a été à l’affiche de The Dog Stars, sorti en France fin août 2026. Ces cas montrent que les rôles principaux ou secondaires sont souvent attribués à des jeunes issus de dynasties hollywoodiennes.
L’essor des nepo babies soulève des questions sur l’équité et la diversité dans l’industrie du cinéma. The Economist souligne que ce phénomène peut être perçu comme un recrutement incestueux, où les mêmes familles se partagent les rôles et les opportunités, limitant ainsi l’accès aux nouveaux talents. Cette pratique interroge la notion de mérite dans un milieu où les connexions familiales priment parfois sur les compétences. Par ailleurs, elle renforce les inégalités structurelles, car les acteurs issus de milieux moins favorisés ou sans lien avec Hollywood ont moins de chances de percer. Cette concentration du pouvoir familial est souvent critiquée pour son manque de transparence et son impact sur la créativité.
Le débat autour des *nepo babies* a gagné en visibilité ces dernières années, notamment grâce aux réseaux sociaux et aux médias. Des acteurs comme Lily Collins ont eux-mêmes évoqué les attentes accrues envers les enfants de stars, où les agents leur demandent systématiquement ce qui les différencie des autres candidats. Cette pression sociale et professionnelle alimente les discussions sur la légitimité des *nepo babies* et leur place dans une industrie qui se veut inclusive. Certains y voient une forme de privilège injuste, tandis que d’autres défendent l’idée que ces acteurs doivent prouver leur talent au même titre que les autres. Le phénomène reste donc un sujet de controverse, tant dans les cercles professionnels que parmi le grand public.

